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Cette commune garde les traces de son passé agricole et textile en Sarthe... |
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Cyrille Pelletier a mené l’enquête dans son village pour en comprendre l’histoire. © Ouest-France
Dans le cadre de notre série d’été « En balade », Ouest-France a fait escale à Saint-Michel-de-Chavaignes, à l’est du Mans (Sarthe). Grâce au train, le village avait connu son heure de gloire au XIXe siècle. Les vestiges de ce passé sont disséminés dans la commune.
Cyrille Pelletier est une passionnée d’histoire locale. Habitante de Saint-Michel-de-Chavaignes (Sarthe), elle a commencé à s’intéresser à son histoire il y a 25 ans. Par simple curiosité à l’origine, elle souhaitait retrouver la trace de ses aïeux. « J’ai consulté les archives, interrogé les anciens, fait mes enquêtes et puis je me suis prise au jeu. Je m e suis rendu compte que nous avions un trésor patrimonial autour de notre célèbre sculptrice Hélène Bertaux bien sûr mais aussi autour du Château de Lassay dont les vestiges datent du XIIIe siècle. Aussi, notre église, inscrite aux Monuments historiques », explique Cyrille Pelletier.
À la découverte de l’histoire de ces édifices, elle a pu reconstituer ce qu’était la vie anciennement dans la commune. « On peut dire que l’apogée de Saint-Michel se situe vers 1870 où il y avait plus de 1
 400
 habitants (740 aujourd’hui). La construction de la ligne de train reliant Mamers à Saint-Calais a permis l’implantation et l’essor d’une quarantaine d’ateliers de tisserands et près de 300 emplois ainsi que l’accès à la gare de Connerré pour l’expédition des articles. Avec l’agriculture et les vignes en très grand nombre, ce fut les années reine de la commune », précise notre guide.

Un des vestiges comme cette ancienne poste devenue salle des associations. Ouest-France
Toute cette économie s’est cependant essoufflée avec le temps. La vigne a disparu au début du XXe siècle à cause d’une maladie, le phylloxéra, et les tisserands, passés de mode, ont dû se résoudre à la fermeture en 1977, après l’arrêt de la ligne de train.
Des vestiges disséminés dans la commune
Toutefois, la ville est pleine de curiosités relatant cette époque. Plusieurs caves semi-enterrées servant d’ateliers de confection de tissus, le presbytère, la mairie école ou le patrimoine naturel comme ses collines boisées et ses chemins creux où trônent encore quelques trognes de l’ancien temps. Mais aussi, près de l’église, une petite stèle de 1886 en l’honneur de l’harmonie musicale de Saint-Michel qui aura porté haut et fort les couleurs de la ville de 1875 à  1951 en se présentant dans de nombreux concours nationaux et internationaux. « Ce sont eux qui animaient les fêtes cavalcades après-guerre, à la mi-carême avec des défilés de char incroyables. J’ai retrouvé des cartes postales de cette époque où on les voit tous coiffés de peaux de lapins », s’amuse Cyrille.
Grâce à une poignée de défenseurs du patrimoine local et culturel de la ville, cette bourgade dynamique avec son symposium annuel révélera peut-être encore des secrets.