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CARTE. Chikungunya : où se situent les 570 cas autochtones recensés cet été en France hexagonale ?... |
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Un aedes albopictus, ou moustique tigre, le 18 août 2025, sur le mur d’une maison à Montreuil (Seine-Saint-Denis). L’insecte s’est propagé en France ces dernières années, et est un vecteur du chikungunya, de la dengue et de Zika. © Photo AFP / Martin LELIEVRE
Depuis le 1er mai, les autorités sanitaires ont recensé 570 cas de chikungunya contractés dans l’Hexagone, du jamais vu. Il faut y ajouter 993 cas importés. Dans la foulée de son vecteur le moustique-tigre, le virus s’installe. On fait le point en cartes et en infographies.
Mercredi 24 septembre 2025, les habitants d’Antibes (Alpes-Maritimes) ont reçu une alerte sanitaire via un message FR Alert. Un SMS les informait d’une prolifération des cas de chikungunya dans la commune, et les invitait à consulter en cas de symptômes (fièvre élevée, douleurs articulaires ou éruptions cutanées). C’était la première fois que ce système était utilisé en France en raison de la prolifération d’un virus.
Le chikungunya est une maladie infectieuse qui se transmet d’un humain à l’autre via des piqûres de l’aedes albopictus, plus connu sous le nom de moustique tigre. Jusqu’ici, les cas diagnostiqués en France étaient « importés » : les malades revenaient de séjours en zones tropicales, souvent aux Antilles ou à La Réunion.
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Des cas autochtones
Cette année, Santé publique France a alerté très tôt dans la saison, dès le mois de juin, que le nombre de cas autochtones était d’une ampleur inédite. La souche virale correspond à celle qui a sévi à la Réunion et dans l’océan Indien, et qui, précise l’agence sanitaire, est « bien adaptée au moustique aedes albopictus ».
Un cas est autochtone quand la personne a été infectée par le virus sans avoir quitté la France hexagonale. La contamination s’est donc faite sur le territoire.
Depuis le 1er mai, ce sont 570 cas autochtones qui ont été identifiés, alors qu’il n’y en a eu qu’un seul en 2024, et aucun en 2023. Voici l’évolution du total de cas autochtones ces dernières semaines :
64 foyers de chikungunya
Les 570 cas autochtones ont été recensés dans 64 foyers d’infections différents, précise Santé publique France.
Antibes est le principal foyer d’infections, avec 103 cas recensés au 22 septembre. Il s’agit là aussi d’un nombre sans précédent.
La région Provence-Alpes-Côte d’Azur concentre la majorité des cas autochtones de chikungunya, mais un foyer important a également été détecté à Bergerac (Dordogne), avec 81 cas au 22 septembre. Voici les 570 cas autochtones recensés par les autorités sanitaires au 22 septembre :
Les investigations menées par les autorités sanitaires montrent que certains de ces foyers sont des foyers secondaires, hérités d’un premier foyer. Santé publique France cite ainsi Marsalès (secondaire à Cagnes-sur-Mer), Montils (secondaire à Rouffiac), Roquevaire (secondaire à Vitrolles), La Gaude (secondaire à Antibes), Bauduen (secondaire à Fréjus), Ollioules (secondaire à Grosseto-Prugna).
Cas importés
Parallèlement aux cas autochtones, Santé publique France a recensé 993 cas importés de chikungunya, 939 cas importés de dengue et 10 cas importés de Zika. La majeure partie des cas importés de chikungunya dans l’Hexagone sont des personnes ayant séjourné à La Réunion (742 sur 939).
Ces cas importés sont plus nombreux en Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes. Voici leur répartition par région :
Le moustique tigre en expansion
L’expansion du chikungunya s’inscrit aussi dans un contexte où le moustique tigre, encore absent de métropole il y a quelques décennies, est désormais implanté dans 81 départements, sur fond de réchauffement climatique.
Au fil des ans le moustique tigre est remonté du Sud-Est jusqu’à la Seine-Maritime et à l’Aisne. En 2004, il n’était installé qu’en Corse, dans les Alpes-Maritimes et le Var.

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Santé publique France souligne ce fait dans son bulletin hebdomadaire du 24 septembre 2025 : « La multiplication des foyers et l’existence de foyers secondaires sont liées à la bonne adaptation de la souche virale au moustique vecteurs aedes albopictus et aux conditions environnementales favorables à la multiplication du moustique. »
Aux 570 cas autochtones de chikungunya s’ajoutent 24 cas de dengue répartis dans 11 foyers. La persistance de foyers actifs, notamment dans des zones touristiques comme les Alpes-Maritimes, fait craindre aux autorités que d’autres foyers secondaires apparaissent.
Dans ce « contexte inédit en France métropolitaine », les autorités sanitaires appellent à « maintenir un haut niveau de vigilance individuelle et collective » contre les piqûres et contre la prolifération des moustiques, notamment en veillant à ne pas fournir d’endroits aux moustiques pour déposer leurs larves (eaux stagnantes).
Santé publique France rappelle également qu’il est important de signaler rapidement une infection, ce qui peut aider à limiter la transmission autochtone.