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Bienvenido ! Le cinéma espagnol ouvert sur le monde projeté à Nantes... |
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Le réalisateur Rodrigo Sorogoyen (au centre), ici lors du tournage, en 2013, de son premier film, « Stokholm », est l’invité d’honneur du festival du cinéma espagnol de Nantes. © Laia Lluch
Pour sa trente-cinquième édition, du 21 au 29 mars, le festival du cinéma espagnol de Nantes présente soixante-dix films, pour la plupart inédits en France. Un « cinéma-monde » qui n’hésite pas aussi à regarder en face le passé de son pays.
Le cinéma espagnol s’invite sur grand écran partout dans le monde. L’invité d’honneur du festival qui démarre le 21 mars, à Nantes, Rodrigo Sorogoyen, en est une illustration éclairante. Beaucoup de ses films sont des coproductions, comme le remarqué As bestas, avec entre autres les comédiens français Marina Foïs et Denis Ménochet, qui obtint le César du meilleur film étranger en 2022. Mais aussi Madre ou sa série Los años nuevos (disponible sur Arte.tv).
Dans les pas d’autres grands réalisateurs avant lui (Buñuel, Saura…), il construit un lien étroit avec la France, comme un passeur entre deux cultures et deux regards »,
commente Pilar Martínez-Vasseur, codirectrice du festival du cinéma espagnol. Rodrigo Sorogoyen donnera une masterclass dimanche 22 mars, à 18 h, au théâtre Graslin. Lundi 23, l’ensemble de ses films sera projeté au Katorza.
Le dernier film d’une autre de ces représentants du cinéma espagnol qui s’exporte avec succès est aussi au programme : « Trois adieux », d’Isabel Coixet, tourné à Rome en italien, à découvrir lors de la soirée d’ouverture, samedi 21 , à 19 h 30. « Le cinéma espagnol est un peu à l’étroit dans la péninsule, témoigne Pilar Martínez-Vasseur. Polyglottes, les réalisateurs d’aujourd’hui sont à l’écoute de la communauté-monde. Même leur aîné, Pedro Almodóvar, a tourné son dernier film, La chambre d’à côté, en anglais, avec les actrices Tilda Swinton et Julianne Moore. Comme s’il se sentait plus libre encore que dans sa langue maternelle.
Les 90 ans de la guerre d’Espagne
Cette édition 2026 du festival marquera aussi les 90 ans du début de la Guerre d’Espagne, en juillet 1936. Plusieurs films évoquant ce sujet qui continue d’imprégner les débats de la vie politique espagnole seront diffusés : « Josep » (César du meilleur film d’animation en 2021), en présence d’Aurel, son réalisateur. Mais aussi « Le Sud » et « Une vie secrète ».
On note aussi une conférence de l’historien Julián Casanova, vendredi 27, à 16 h. Et une saisissante exposition de photos de Philippe Gaussot, humanitaire enrôlé par le Secours catholique à l’époque, qui raconte l’accueil des enfants basques et catalans envoyés en France pour échapper aux bombardements et le chemin de l’exil des antifascistes espagnols.
Du 21 au 29 mars au cinéma Katorza, à Nantes, et ailleurs, plein tarif 7,70 €, carnet de six places 30 €, événements au théâtre Graslin 10 €/12 €.
25 ans de Fenêtre basque
Le festival du cinéma espagnol de Nantes fête cette année les 25 ans de sa Fenêtre basque. Jamais nous n’aurions cru à l’époque que cette initiative serait toujours d’actualité en 2026
, confie Pilar Martínez-Vasseur, codirectrice. Le cinéma basque est puissant et éclectique, avec des films de facture très différente, qui évoquent des histoires de famille, autant que la Guerre civile d’Espagne ou les légendes de la mythologie basque.
Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, le festival organise une soirée spéciale, mercredi 25 mars, à partir de 19 h, au théâtre Graslin. Au programme : un ciné-concert avec un prestigieux pianiste basque, Joserra Senperena, qui accompagnera en musique « Elai-Alai », un court-métrage de 1938 dénonçant la barbarie du fascisme et le bombardement de Guernica. Et la projection du dernier film du réalisateur Asier Altuna, « Karmele », qui aborde ces mêmes thèmes et témoigne de la continuité de la lutte basque contre le fascisme.