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Beaumont-Pied-de-Bœuf. Un hommage aux frères Langevin, tués pendant la guerre 14-18... |
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Lionel Royer, représentant la Libre Pensée et Jacques Langevin. © Le Maine Libre
Plus d’un siècle après la disparition, à la guerre, d’Henri et Émile Langevin, Jacques Langevin, leur descendant, et Guy Hennequin, du Souvenir français, leur ont rendu un hommage commun.
Cent ans après les obsèques d’Henri Langevin, Jacques Langevin a réuni sa famille au complet au cimetière de Beaumont-Pied-de-Bœuf, pour rendre hommage à deux oncles paternels tués lors de la guerre 1914-18.
Une famille de treize enfants
Participaient à cette cérémonie, Guy Hennequin, président du comité de Château-du-Loir du Souvenir français et Gérard Désiles, vice-président de la Fédération départementale de la Libre Pensée. La municipalité du village était représentée par Martine Houpeau adjointe, qui déposa une gerbe sur la tombe d’Henri Langevin.
Jacques Langevin rappela les faits concernant la mort de ses oncles paternels, issus d’une famille de 13 enfants : « Henri et Émile Langevin sont partis sur le front comme des milliers de jeunes de l’époque. Au moment du départ, ils se sont promis que le premier qui serait tué, serait enterré sans curé, ils étaient tous deux libres penseurs. Les parents ne les ont jamais revus vivants. Émile est tué dans la Marne en 1915, son corps n’a jamais été retrouvé. Henri est tué le 14 juillet 1917, au Mont-Cornillet, Il était en repos, mais proche du front. Le danger était partout, il a pris une balle perdue en pleine tête ».
Un cortège de six cents personnes
Henri a été rapatrié et enterré à Beaumont-Pied-de-Boeuf en 1922, décoré de la Croix de guerre et de la Médaille militaire. « Jamais à Beaumont-Pied-de-Boeuf on n’avait assisté à une cérémonie funèbre aussi grandiose et aussi émouvante. Le cortège composé de plus de six cents personnes s’avançait lentement, avec ordre, dans un recueillement et un silence vraiment impressionnant » (extrait du journal de Château-du-Loir daté du 24 février 1922).
Après avoir déposé une gerbe de fleurs sur la tombe d’Henri Langevin, Guy Hennequin a pris la parole : « Dans le domaine de la transmission, l’objectif du Souvenir français est qu’aucun élève ne doit quitter sa scolarité sans avoir visité au moins, un site mémoriel et participé à une cérémonie patriotique. Pour cela, le Souvenir français s’est mis au service du monde enseignant ».
« L’engagement des frères Langevin était sérieux. Ils défendaient la justice sociale et la paix. Nous rappelons haut et fort lors de nos rassemblements : maudite soit la guerre, hier comme aujourd’hui, maudites soit toutes les guerres ! », résume Gérard Désiles et d’ajouter une citation bien connue de Paul Valéry : « La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent, mais ne se massacrent pas. »