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Basket. Le président du MSB Christophe Le Bouille réagit après la lourde défaite du Mans à Roanne... |
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Basket. Le président du MSB Christophe Le Bouille réagit après la lourde défaite du Mans à Roanne
Totalement hors du coup sur le plan défensif, le MSB a pris une correction vendredi 15 novembre 2019 à Roanne, dernier de Jeep Elite (100-84). L’état d’esprit inquiète et le président Christophe Le Bouille réagit. « Nous sommes tous responsables », exprime-t-il.
La barre mythique en basket. Le MSB n’avait pas encaissé 100 points dans un match – temps réglementaire seulement – depuis… 2002 ! C’est dire si ce vendredi 15 novembre 2019, à Roanne, les Sarthois ont montré un bien terne visage sur le plan défensif. Laissant des Roannais, pourtant derniers de la classe en termes d’adresse, briller derrière la ligne des trois points (13/21).
Au-delà de la défaite, bien handicapante au classement (sans parler du point-average particulier qu’il sera compliqué de reprendre), la manière a fait tache. Et fait réagir le président Christophe Le Bouille.
Le Maine Libre : On ne prend pas 100 points tous les jours…
Christophe Le Bouille : « (Il coupe) C’est le moins que l’on puisse dire D’ailleurs, je vois les joueurs et le staff lundi matin. On en encaisse 31 dès le premier quart-temps… On a été plus que permissif, c’est incontestable. Et ça me fait repenser à notre match à Bourg, en partie à celui de Nanterre et à la première période contre Gravelines ».
Qu’est ce qui vous a le plus frappé ?
« On n’arrête rien. Personne. Dès qu’un adversaire à la balle, à l’arrivée, c’est panier ou faute. On ne gagne aucun un contre un. Le basket de haut niveau, c’est d’abord être capable d’aller au combat. Si on n’est pas prêt à ça, si on veut juste s’amuser ou prendre du plaisir, et bien je suis désolé, ce n’est pas ma conception des choses. La première, c’est de se battre, de refuser d’être dominé par son adversaire. Il y a une question de fierté. À chaque fois, on met l’équipe adverse dans l’euphorie. Et je veux bien qu’on réagisse, qu’on corrige des choses, mais c’est toujours beaucoup trop tard pour revenir. Franchement, je suis très inquiet et en colère ».
C’est donc l’état d’esprit qui est en cause ?
« Les joueurs se mettent plus « sur la gueule » à l’entraînement qu’en match ! On devait avoir une certaine assise défensive dans cette équipe, force est de constater qu’on ne l’a pas. Vendredi, on a été largement dominé sur les lignes extérieures notamment où l’on comptait, c’est vrai, deux absences d’importance ».
Cela aurait changé les choses ?
« On n’aurait peut-être pas gagné, ou peut-être que si, on ne sait pas. Mais Antoine (Eïto) et Obi (Emegano) peuvent amener de la dureté défensive. On aurait pu perdre parce que par exemple, on est en court en rotation et on le paye à un moment. Ça, je l’aurai entendu. Mais ceux qui étaient là n’ont pas fait le boulot. Et on n’est plus à la première ou deuxième journée de championnat ! »
Parfois, les choses à corriger sautent aux yeux mais on a l’impression que cette fois, l’équation est plus compliquée ?
« C’est vrai qu’il n’y a pas forcément un problème évident, clairement identifié. Depuis le début de saison, on avait globalement ciblé le secteur intérieur et notamment Cliff (Alexander) et DJ (Stephens) qu’on attendait à un autre niveau. À Roanne, des deux là – qui ne sont pas exemptés dans les soucis évoqués – ont été pour le reste, plutôt performants. Alors que doit-on faire ? Enlever un joueur ? En ajouter ? Je ne vais pas empiler les contrats non plus. On a déjà prolongé Taurean (Green) car on se disait que ça serait bête de le laisser partir vu ce qu’il amène à l’équipe. Ça densifie les lignes arrières et apporte des solutions notamment avec nos soucis de blessures ».
Mais ça obligera le staff, quand tout le monde sera apte à jouer, à laisser un joueur non formé localement en tribunes à chaque match. Pas facile à gérer… (1)
« Mais Dounia l’a fait en connaissance de cause et les joueurs l’ont accepté aussi. D’ailleurs, je me dis aussi que ça peut les stimuler dans le bon sens car il y aura des choix à faire à chaque rencontre ».
Concrètement, quelles solutions pouvez-vous apporter pour changer le cours des choses ?
« Il n’y en a pas quarante… Déjà, j’aimerais vraiment voir cette équipe au complet car malgré tout, je pense que ça peut changer beaucoup de choses. Mais d’abord, il doit y avoir une remise en question individuelle de chaque joueur. Dire qu’on doit réagir, se regarder dans le miroir, c’est bien. Mais maintenant, place aux actes, c’est ça qui compte ! On doit tout donner à chaque match. Enfin, on doit aussi apporter une réponse sur le plan collectif. Comme le disait Dounia (Issa) après match, on ne défend pas correctement et on doit donc s’adapter, changer les principes initiaux et faire des choses peut-être plus adaptées aux qualités des joueurs. Ça, c’est le rôle du staff ».
Le coach est-il menacé ?
« Il n’y a pas de menace sur lui ou le staff technique. Dounia est un coach rookie et c’est le rôle de ses adjoints et le mien aussi de l’aider à faire face. Ça ne veut pas dire que je l’exonère de responsabilités. Nous sommes tous responsables de cette situation. Mais c’est aussi son rôle de coach d’être capable de s’ajuster et trouver des solutions avec les joueurs ».
(1) Quand tous ses joueurs seront aptes, le MSB aura dépassé le quota de joueurs étrangers (non formés localement) dans son équipe, qui est fixé à six. Ainsi, il devra à chaque match laisser soit Emegano, Tarpey, Alexander, Batista, Taylor, Green ou Stephens hors de la feuille de match.