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Asnières-sur-Vègre. Les photographies de Claude Guillaumin nous emportent en Asie... |
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Claude Guillaumin se souvient de la station-service au Cambodge. © Ouest-France
Invité des Rencontres photographiques d’Asnières-sur-Vègre, le photographe Claude Guillaumin a exposé durant trois jours 150 clichés de ses 50 années de pratique professionnelle. Il y laisse pour une année une vingtaine de ses photographies au Jardin des Chanoines. Le thème choisi : Voyage en Asie.
Claude Guillaumin fait voyager les visiteurs en Asie à travers ses photographies.
Depuis quand êtes-vous photographe ?
J’ai commencé au service cinématographique des Armées. Attiré par cette pratique, en 1967, à 25 ans, je suis parti me former à New York (États-Unis). Seul endroit au monde pour l’apprentissage de cette discipline à l’époque. J’y reste quatre années. Un premier contrat pour le journal de mode Glamour me fait connaître. Depuis, entre Europe et Amérique, je travaille pour des magazines ou dans la publicité. Instyle, l’Oréal, Biba, Madame Figaro, Playboy, Marie-Claire, 20 ans,… sont mes donneurs d’ordre.
Donc des photos de mode ?
Photographies de mode pour le travail et photographies de voyage par passion. J’ai beaucoup voyagé. On naît sur Terre pour découvrir le reste du Monde. S’étonner de situations inhabituelles loin de chez nous.
Vous êtes invité des Rencontres photographiques d’Asnières. Comment s’est faite la rencontre ?
J’habite ce village depuis la crise sanitaire du Covid. J’y vis mieux qu’à Paris. Photographe, je me suis présenté à l’A2P72 (N.D.L.R. : Asnières passion photo Sarthe). Après quelques recherches sur internet, les membres ont découvert mon travail et m’ont offert de m’exposer.
Après trois jours à la salle de la Marbrerie et 150 clichés présentés, vous en laissez une vingtaine affichée sur la promenade du Jardin-des-Chanoines. Quel en est le thème ?
L’Asie. Chine, Laos, Corée, Myanmar, Cambodge. Que des univers dépaysants. Regardez cette station-service de carburant au fin fond du Cambodge. Deux fûts, deux pompes à main, la famille attendant le client dans son hamac. Beaucoup de couleurs. Il faut être un voyageur étranger pour en apprécier le pittoresque et l’esthétisme. Ou bien cette porteuse de bois chinoise pas du tout apprêtée pour un tel travail. L’Asie, c’est la découverte et le dépaysement garantis.

Corvée de bois, en Chine. claude guillaumin
Qu’est-ce qu’une photographie réussie ?
Pour moi, c’est un regard sur l’humain qui interpelle. À New York, les gens lèvent les yeux pour photographier les gratte-ciel ; je les baisse pour voir le clochard, l’excentrique, la manifestation féministe. Et puis, il y a l’instant. Je ne mitraille pas. Trois ou quatre déclenchements. Après la scène disparaît, on commence à embêter les gens. Le résultat doit être esthétique et intéressant. La photo de voyage doit faire voyager le spectateur, lui apprendre un peu d’ailleurs.

La vie sur l’eau, Cambodge claude guillaumin
Jardin-des-Chanoines et de la Roseraie, Manoir de la Cour, Asnières-sur-Vègre. Entrée libre.