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Agrivoltaïsme : « En Sarthe, les choses évoluent doucement »

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photo  parmi les enjeux de l’agrivoltaïsme, le respect de la vocation agricole et la réversibilité de l’installation (photo d’illustration).  ©  tse 1

Parmi les enjeux de l’agrivoltaïsme, le respect de la vocation agricole et la réversibilité de l’installation (photo d’illustration). © TSE

Le secteur agricole producteur d’électricité solaire photovoltaïque ? Dans la Sarthe, des bâtiments de stockage sont aménagés mais l’équipement de parcelles cultivées reste timide.

Philippe Dutertre, vice-président de la Chambre d’agriculture de la Sarthe.

Il existe depuis un an un cadre juridique pour les projets d’agrivoltaïsme. Dans la Sarthe, la question est-elle d’actualité ?

Il faut distinguer divers types d’installations. Sur les bâtiments agricoles, de nombreux agriculteurs se posent la question dès lors qu’ils ont un projet de stockage de fourrage ou de matériel : faut-il intégrer, au moment de la construction, les panneaux solaires ? Dans ce cas, on peut aller jusqu’à 500 kWc sans passer par une autorisation, pour une revente totale de l’électricité. On voit aussi des trackers solaires qui sont davantage destinés à de l’autoconsommation parce que les surfaces sont plus petites.

Concernant l’agrivoltaïsme, on commence à avoir quelques projets. La production d’électricité vient compléter la production agricole et non pas empiéter sur elle.

Les autorisations sont délivrées par la Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers. Comme représentant de la Chambre d’agriculture, vous êtes particulièrement vigilant sur ce point ?

Dès lors que l’on parle d’agrivoltaïsme, ce n’est pas plus de 40 % de couverture de panneaux solaires mais en réalité, on est plutôt sur du 20-25 % de la surface d’une parcelle. Aujourd’hui, beaucoup d’investisseurs ont choisi des prairies car il faut justifier qu’il n’y a pas de baisse de rendement et que l’ombre créée est favorable au bien-être animal. Nous sommes vigilants sur la hauteur des panneaux solaires, que l’on veut au minimum à deux mètres de haut pour que le bovin puisse chevaucher sans gêne. Sur les parcelles de culture, installer une production solaire est plus compliqué à cause du matériel volumineux et aussi parce qu’on manque de recul sur l’incidence sur les rendements.

Les agriculteurs évoquent-ils la question au titre d’une potentielle source de revenus ?

Sur l’agrivoltaïsme, les choses évoluent plutôt doucement. Nous avions beaucoup de contacts avant la sortie du décret d’avril 2024 sur l’agrivoltaïsme et avec des offres alléchantes. Aujourd’hui, c’est très encadré et les choses vont moins vite. On parle de rentabilité mais il existe aussi une notion de durabilité. En commission départementale, nous veillons à ce qu’il y ait une réflexion sur la transmission de l’outil. On a encore un problème aujourd’hui avec les baux ruraux entre les propriétaires et les exploitants. La production d’électricité ne peut pas s’intégrer au bail rural sur la même parcelle. Notre souhait est que l’agriculture puisse être co-investisseur de cet outil de production avec des revenus secondaires profitant à l’exploitant.

Pour les panneaux au sol, il existe un document cadre en cours de consultation à la préfecture. La Chambre a été mandatée pour l’élaborer. L’enjeu est d’identifier dans le département les surfaces pouvant accueillir du photovoltaïque au sol. Nous avons travaillé sur des terrains agricoles déjà déclassés. Dans ce cas, les rendements sont bien plus importants et intéressent les investisseurs qui couvrent entièrement les parcelles. Il ne faut pas oublier que l’État a baissé le coût d’achat de l’électricité ; c’est regrettable car il y a encore du potentiel sur les toitures.

 
Recueilli parEmmanuel CHARLOT.    Ouest-France  

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