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Affaire Fillon. Emmanuel Macron saisit le Conseil supérieur de la magistrature... |
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Y a-t-il eu des pressions du parquet général pendant l’enquête sur François Fillon en 2017 ? © Photo archives Le Maine Libre - YVON LOUE
Le président de la République veut faire la lumière « sur le fonctionnement de la justice dans l’affaire de M. François Fillon suite aux propos tenus le 10 juin dernier par l’ex-procureure national financier devant une commission d’enquête parlementaire ».
Emmanuel Macron a demandé vendredi 19 juin au Conseil supérieur de la magistrature de vérifier que le parquet national financier (PNF) a bien mené en toute sérénité, sans pression
de l’exécutif son enquête sur les époux Fillon pendant la campagne présidentielle de 2017.
Le chef de l’État a décidé d’intervenir, explique l’Élysée dans un communiqué, au vu del’émoi
suscité par des déclarations de l’ancienne cheffe du PNF, Héliane Houlette, qui a dit avoir mené une enquête sous la pression
du parquet général, son autorité de tutelle.
Lever le doute
Emmanuel Macron veut lever tout doute sur l’indépendance et l’impartialité de la justice dans cette affaire
, selon l’Elysée.
Car les propos de l’ex-procureure ont suscité un émoi important
et sont interprétés par certains comme révélant d’éventuelles pressions qui auraient pu être exercées sur la justice dans une procédure ouverte à un moment essentiel de notre vie démocratique
.
Le 10 juin, devant la Commission d’enquête de l’Assemblée sur l’indépendance du pouvoir judiciaire, Eliane Houlette s’est émue de la pression
et du contrôle très étroit
qu’aurait exercé le parquet général durant ses investigations visant les époux Fillon.
Un dossier qui a pesé sur la campagne électorale de 2017, à un moment où François Fillon était haut dans les sondages.
Propos « déformés ou mal compris »
Vendredi, Mme Houlette a regretté
que ses propos aient été « déformés ou mal compris »
. M. Fillon n’a pas été mis en examen à la demande ou sous la pression du pouvoir exécutif
, a-t-elle affirmé, cespressions
étaient d’ordrepurement procédural
.
Ses premières déclarations ont entre-temps déclenché une avalanche de réactions politiques, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon et surtout dans le camp LR de M. Fillon dont le jugement en correctionnelle aux côtés notamment de son épouse Penelope, est attendu le 29 juin.
Un seul but : « abattre François Fillon »
Les déclarations d’Eliane Houlette montrent que cette enquête était à charge, qu’elle était folle et qu’elle n’avait qu’un seul but : abattre François Fillon
, a réagi vendredi matin sur Europe 1 Me Antonin Lévy, l’avocat du candidat malheureux à la présidentielle.
La procureure générale de Paris Catherine Champrenault a répondu vendredi à son ancienne collègue, en déplorant que ce qui relève du fonctionnement interne et habituel du ministère public puisse être présenté comme des pressions de quelque nature que ce soit sur la conduite judiciaire du dossier
Fillon.
Bruno Retailleau (LR), actuel président de Force républicaine, mouvement lancé par François Fillon dont il est très proche, et président du groupe LR au Sénat, a réagi ce samedi sur Twitter à la décision d’Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron saisit le Conseil Supérieur de la Magistrature dans l’affaire Fillon. Une habilité qui ne trompe personne. Sauf si le CSM demande et publie les instructions du Parquet général au PNF durant la procédure. Chiche ?
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) June 20, 2020