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À Nieul-sur-l’Autise, la renaissance d’un village abbatial... |
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L’abbaye royale de Nieul-sur-l’Autise est un bijou de l’art roman, mais elle a subi de nombreuses modifications au cours du temps. © Ouest-France
Près du Marais Poitevin,Nieul-sur-l’Autise, en Vendée, est connu pour son abbaye royale du XIe siècle. Tout comme le reste du village, le monument a bénéficié d’un vaste programme de valorisation.
Le visiteur du dimanche pourrait presque passer à côté de lui sans le voir. Le cloître de l’abbaye Saint-Vincent, à Nieul-sur-l’Autise, en Vendée, se dissimule derrières de hautes maisons. Seule l’abbatiale et son clocher se laissent apercevoir au centre du village. « C’est un lieu merveilleux », s’émeut encore Annie Jauzelon devant le portail d’entrée, joyau de l’art roman poitevin.
Ancienne conseillère municipale et guide de l’abbaye, elle en connaît les moindres recoins. Elle y entre comme dans une maison à laquelle elle s’est attachée et qu’elle a vu évoluer. « Quand je venais dans les années quatre-vingt, on voyait encore très bien les détails sculptés des chapiteaux dans la pierre calcaire, mais ils se sont détériorés avec le temps », regrette-t-elle.

Annie Jauzelon habite le village depuis 1968 et aime le faire visiter. Ouest-France
Une abbaye devenue musée interactif
Fondée au XIe siècle, l’abbaye a connu moult péripéties et la vie monastique y a disparu en 1718 . Les Guerres de religion ont sévèrement abîmé le monument qui a été plusieurs fois transformé. Le clocher de l’abbatiale a dû être reconstruit au XIXe siècle et le réfectoire a totalement disparu. Mais le cloître est resté intact, avec ses arcades et son petit jardin au milieu.
La mère de la reine Aliénor d’Aquitaine y aurait été inhumée, ce qui pourrait expliquer que Nieul soit devenue une abbaye sous protection royale en 1141. Délaissé à partir de la Révolution, le joyau d’Aliénor tombe dans l’oubli et se dégrade. Racheté par le Département de la Vendée en 1968, il s’est finalement mué peu à peu en musée interactif avec mises en lumières, écrans et animations 3D.

En face de l’abbaye, le logis appartenait aux moines fondateurs du monument royal et servait d’infirmerie. Il a été lui aussi totalement restauré. Ouest-France
Le village a appris à vivre avec ce patrimoine culturel. Avec le concours des habitants, la mairie s’est engagée au fil des années dans d’importants travaux de remise en valeur. Les rues et places ont été réaménagées, l’ancien moulin à eau et la maison du meunier restaurés. « Tout était en ruine, des canards vivaient même à l’intérieur ! » se souvient Annie Jauzelon qui a participé à la renaissance du lieu avec d’autres bénévoles. Aujourd’hui, le moulin produit à nouveau de la farine et un musée sur l’artisanat accueille les visiteurs.

La Maison de la meunerie fait tourner un moulin à eau qui produit de la farine. Ouest-France
Nombreux commerces et services
Dans le bourg, on pourrait s’étonner des nombreux commerces présents pour seulement 1 300 habitants. « C’est une petite commune rurale mais nous trouvons les mêmes services qu’en ville, témoigne Annie. Nous avons tout ici : un médecin, une pharmacie, une boulangerie, La Poste… Mes enfants qui habitent à Nantes me disent souvent : tu es très bien là où tu es, tu ne trouverais pas mieux dans une grande ville ! »

Véronique et Laurent Limoges sont les propriétaires du bar-restaurant-tabac-presse « L’Auberge des artistes », à Nieul-sur-l’Autise. Ouest-France
À L’Auberge des artistes, lieu de rendez-vous incontournable, les habitants s’arrêtent papoter au comptoir, déjeuner le midi ou faire la fête le soir. À Nieul, il y a peut-être tous les services d’une grande ville, mais ce que l’on aime avant tout, c’est croiser le sourire des autres.