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À l’Arche de la nature au Mans, la centrale hydroélectrique fonctionne « 24 heures sur 24 »... |
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Installée sur les bords de l’Huisne, l’usine hydraulique de l’Arche de la Nature, est toujours active aujourd’hui. © Ouest-France
À l’Arche de la nature du Mans (Sarthe), un espace naturel de 500 hectares, la première usine de production d’eau potable de la ville construite en 1907 produit toujours de l’électricité. Voici comment fonctionne cette centrale hydroélectrique unique en son genre, encore connectée au réseau d’eau potable.
Elle est inscrite depuis mars 2024 au titre des Monuments historiques. La Maison de l’eau de l’Arche de la nature, au sud du Mans (Sarthe), n’est pas qu’un lieu d’accueil pour les visiteurs. C’est aussi un ancien site industriel, qui continue de produire de l’électricité et de transmettre un patrimoine hydraulique unique. Construite entre 1906 et 1907, la Maison de l’eau est la première usine de production d’eau potable du Mans. Le site a été en grande partie remplacé dans les années 1960 par une usine plus moderne, mais il conserve encore aujourd’hui une activité technique.
Une usine historique toujours active
À l’origine, l’usine hydraulique pompait l’eau de l’Huisne, grâce à deux roues de type Sagebien, une technologie du XIXe siècle adaptée aux faibles chutes d’eau. Ensuite l’usine la filtrait, puis l’envoyait vers les châteaux d’eau grâce à des machines à vapeur. Une seule roue est aujourd’hui fonctionnelle, remise en service en mai 2025. Elle fonctionne en continu, « 24 heures sur 24, tous les jours sauf arrêt technique », précise Anne Huger, directrice de l’Arche de la nature au Mans. La deuxième roue est en cours de restauration.
Reconstruction de roue
Chaque roue mesure 8,5 mètres de diamètre, pèse 50 tonnes, comprend 64 aubes en bois et tourne à une vitesse d’environ 1,8 tour par minute. « C’est l’ancienne roue, elle servait déjà à actionner les pompes à l’époque. L’idée, c’est de la remettre en fonctionnement comme avant », explique Emmanuel Troech, responsable de l’unité production d’eau potable.

Salle des machines à vapeur dans l’ancienne usine hydroélectrique au Mans dans les années 30. Archives de la Ville du Mans
La roue restaurée est aujourd’hui connectée à un alternateur. « L’énergie produite est directement injectée dans l’unité de production d’eau potable », indique Emmanuel Troech. À terme, le dispositif, associé à des panneaux photovoltaïques, permettra de couvrir jusqu’à 10 % des besoins énergétiques de la station.
Dans le même esprit, une ancienne turbine Francis enfouie sous le bâtiment a été retirée pour être conservée. « Ça n’a pas été simple de la retirer, elle était noyée dans le béton. On va la sabler, l’exposer, et installer un panneau pour expliquer son fonctionnement », précise Anne Huger.
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« Elle fonctionne comme à l’époque »
En face de l’usine, la Maison de l’eau, présente les anciens outils de pompage, des aquariums avec des espèces locales, et surtout une machine à vapeur restaurée. Celle-ci ne sert plus à la production, mais elle fonctionne encore à des fins de démonstration. « On la met en route pour le public. C’est une vieille dame, il faut la graisser aux bons endroits, mais elle fonctionne comme à l’époque », explique Anne Huger.
Passe à poissons
Le troisième bâtiment du site abrite le pavillon de la passe à poissons, une structure installée en 2024 pour permettre aux espèces migratrices, comme l’anguille, de franchir le barrage situé sur l’Huisne. « C’est une sorte d’escalier en eau avec des caméras de comptage. On a recensé une quinzaine d’espèces différentes. » L’objectif est de restaurer la continuité écologique de la rivière Huisne, barrée depuis plus d’un siècle.