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À Bazouges-sur-le-Loir, la forteresse domine la rivière... |
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Avec ses deux tours médiévales, l’entrée du château de Bazouges-sur-le-Loir impressionne. © Ouest-France
Baigné par le Loir depuis plus de 500 ans, le château de Bazouges-sur-le-Loir surprend par son d’architecture oscillant entre forteresse du XVe siècle et pavillons du XVIIIe.
La vallée du Loir est un « secret bien gardé », selon le slogan de l’office de tourisme. Le château de Bazouges l’est aussi. S’élevant au pied de la rivière, la majestueuse demeure seigneuriale n’a ni trésors, ni souterrains, ni fantômes. Mais le ravissant tableau qu’elle offre aux curieux venus l’admirer ne laisse pas indifférent.
Une forteresse stratégique
Bazouges est avant tout une forteresse. Bâtie au XIe siècle, elle se dresse à un point stratégique, au confluent de plusieurs cours d’eau qui permettaient, à l’époque, de l’entourer et d’assurer une double défense. « Des écrits notent la présence d’une forteresse dès 1050, elle n’était alors constituée que d’un seul donjon carré, probablement en bois, qui devait assurer la protection du Loir », explique Daniel Chauvière, le gardien du château.
Située à la lisière du Maine-et-Loire, cette forteresse avait comme principale mission de commander la traversée du Loir et de protéger le Haut-Anjou d’attaques venues du comté du Maine. Gardant ce rôle défensif jusqu’au XVIIIe siècle, les seigneurs de Bazouges n’essuieront que très peu d’agressions de la part de leurs voisins.
L’Histoire n’a gardé qu’une bataille, en 1799, lorsque les royalistes ont tenté de s’installer au château. Les deux grandes tours ovales du XVe siècle ont d’ailleurs conservé les stigmates de l’affrontement avec la garde nationale de La Flèche. En observant bien, de nombreux impacts de balles sont encore visibles.
Meurtrières, chemins de ronde…
Ces puissantes tours d’entrée, très bien conservées, possèdent meurtrières, mâchicoulis et chemins de ronde. En parcourant l’un d’entre eux, on découvre avec stupéfaction des dizaines d’inscriptions, gravées à même la pierre, par les différents résidents du château à travers les siècles. « Depuis 1910, le château appartient à la même famille, les descendants d’Adrien Mithouard, célèbre pour avoir été président du conseil municipal de Paris pendant la guerre 14-18 », précise Marie-Cécile Chauvière, l’autre gardienne du lieu.
Une magnifique charpente sculptée
En montant quelques marches supplémentaires, on peut admirer la magnifique charpente sculptée et la vue plongeante sur la vallée du Loir. Au rez-de-chaussée, se dévoilent également l’ancienne chapelle et sa voûte angevine du XVe siècle avec ses statues remarquables.
Harmonie architecturale
Si l’imposant porche d’entrée et l’épaisseur des murs témoignent de l’importance du château comme espace défensif, les grandes fenêtres et la décoration intérieure relèvent plus d’une charmante demeure.
Le trésor de Bazouges réside dans l’habileté des architectes, qui ont su concilier l’abrupte architecture médiévale avec la sobriété qui caractérise les logis du XVIIIe siècle.
Dans les salons, trônent des meubles d’époque mais également quelques curiosités comme un jeu de l’oie de 1911 et des poteries de Ligron, moins connues et plus rares que celles de Malicorne.
Ce patrimoine ne pourrait être mis en valeur sans son parc, entretenu de manière durable et écologique, sans produits phytosanitaires. Du jardin à la française au moulin seigneurial, la visite d’une heure permet de contempler l’élégance de ce joyau sarthois.
Ouvert jusqu’au 31 août, du mardi au dimanche, de 15 h à 18 h. Tarifs : adultes, 6 € ; enfants, 4 €.

