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À Allonnes, le trafic de stupéfiants employait des mineurs... |
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Le tribunal du Mans a ordonné le maintien en détention pour deux des quatre prévenus. © Ouest-France
Quatre jeunes trafiquants de stupéfiants ont été condamnés par le tribunal correctionnel du Mans (Sarthe), ce vendredi 8 novembre 2024. Ils ont écoulé du cannabis à Allonnes, en rémunérant des mineurs pour vendre leur marchandise.
La lutte contre le trafic de stupéfiants s’est traduite par l’interpellation de quatre jeunes hommes de 18 à 19 ans, le 1er octobre 2024, à Allonnes (Sarthe). Le tribunal correctionnel du Mans (Sarthe), devant lequel la petite équipe a comparu ce vendredi 8 novembre 2024, s’est employé à déterminer le rôle de chacun sur le point de deal, qui écoulait du cannabis rue des Coquelicots, à Allonnes.
« J’étais le ravitailleur, je rechargeais plusieurs fois par jour, reconnaît l’un d’eux. Mais pas l’organisateur ! » Celui-ci livrait aussi la marchandise, jusqu’à cent kilomètres. Et même à la maison d’arrêt des Croisettes, en jetant des paquets par-dessus les clôtures, « une dizaine de fois ».
Pistolet et cartouches
Les écoutes téléphoniques font état de grosses quantités écoulées, comme « 1,6 kg en une journée », et de sommes à cinq chiffres. Mais difficile d’évaluer le volume des transactions sur la période de l’enquête, commencée en février 2024. Les perquisitions n’ont permis de saisir qu’environ 300 g de résine de cannabis.
Dans le garage des parents du ravitailleur, plusieurs sacs de sport portant des résidus de stupéfiants. Ce dernier a également été vu un pistolet à la main. Et on a retrouvé soixante cartouches à son domicile. Ses explications peinent à convaincre.
Mineurs payés « 80 € par jour »
Le point de deal employait de jeunes mineurs comme « charbonneurs », chargés de revendre les doses déjà conditionnées. « L’un d’eux, âgé de 14 ans, a déclaré qu’il était payé autour de 80 € par jour, soit 560 € la semaine », rapporte le président du tribunal. Les prévenus démentent : « On ne générait pas assez pour les payer autant. »
Le parquet a requis des peines jusqu’à quatre ans de prison. Le tribunal du Mans a condamné Aymeric Coquil-Morel à 18 mois de prison et Sofian Kelai, à deux ans, dont un avec sursis. Leur maintien en détention est ordonné. Les deux autres prévenus sont condamnés à des peines de 18 mois dont douze avec sursis et un an dont six mois avec sursis.