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À 71 ans, Monique Chanteau entame son neuvième pélerinage, de Parigné-l’Évêque jusqu’en Ardèche... |
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Il est rare que personne ne l’accueille pour la nuit, mais Monique Chanteau apprécie aussi de dormir dans sa tente. © Jocelyne Colet
Pour son neuvième pèlerinage à destination de la tombe de saint Jean-François de Régis, en Ardèche, Monique Chanteau invite chacun à l’accompagner lors de ses premiers kilomètres, mercredi 6 octobre 2021.
Se recueillir sur la tombe de saint Jean-François de Régis à Lalouvesc, en Ardèche, c’est l’objectif que s’est fixé Monique Chanteau pour son neuvième pèlerinage. Mais à l’entendre, le voyage compte autant que la destination.
À 71 ans, l’habitante de Parigné-l’Évêque (Sarthe) n’en pouvait plus d’attendre, se sentant prête pour le départ depuis un an et demi. Pourtant, à cette période, elle remarque des signes qui l’incitent à rester, puis la crise sanitaire éclate et cette marcheuse infatigable comprend qu’il faut repousser ce pèlerinage.
Car Monique Chanteau se laisse constamment guider par sa foi, même si – elle ne s’en cache pas – il n’en a pas toujours été ainsi : « J’ai longtemps été athée, et puis un jour j’ai eu envie de pousser les portes de l’église. J’avais 39 ans. »
Ce retournement lui permet aussi de comprendre les différences dans ses échanges passionnés sur la foi, toujours dans le respect des opinions. « La foi, je l’ai de façon certaine, chacun la concrétise comme il veut. »
Le long de sa route, cette pèlerine cherche à rencontrer les autres « dans leur cœur ». Depuis dix ans qu’elle sillonne l’Europe, elle foisonne d’anecdotes. « Je suis toujours émerveillée de l’accueil des gens. »
Des rencontres avant tout
Cette monitrice d’auto-école retraitée donnait des leçons de code dans son garage ; à présent, sur sa route, un garage c’est peut-être l’endroit où elle passera la nuit. Mais le plus souvent, c’est la chambre et le couvert qui lui sont chaleureusement offerts, des rencontres inoubliables qu’elle note dans son carnet pour pouvoir les raconter.
Reconnaissable à sa tenue de pèlerin, Monique Chanteau porte ses croix, les souvenirs de ses précédents voyages à Saint-Jacques-de-Compostelle, à Cracovie, son bivouac et ses livres qui l’accompagnent toujours, qu’elle sait lire en marchant. Elle inscrit dans une créanciale les adresses de ceux qui l’ont accueillie pour envoyer une photo d’elle au sanctuaire. Sa démarche reste simple et libre, à l’image de saint Jean-François de Régis. Pour elle, hors de question de payer pour se recueillir dans les sanctuaires aux allures touristiques.
Les histoires d’argent la mettent mal à l’aise. « Bien sûr, n’importe quelle association a besoin de moyens et d’adhérents pour vivre, mais je refuse de faire du profit. » Monique Chanteau en est convaincue, la richesse est ailleurs.
Mercredi 6 octobre 2021, à 9 h, Monique Chanteau vous donne rendez-vous sur la place de l’Église de Parigné-l’Évêque, pour l’accompagner sur les premiers kilomètres de son pèlerinage.