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La péniche contestée fait encore des vagues... |
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Quai Ledru-Rollin, les travaux de rénovation de la péniche Le Marin's se poursuivent, malgré l'interdiction d'exploiter le bateau comme salle de réception.
Procédure auprès du tribunal administratif, arrêté municipal annulé, demande ambiguë pour le stationnement et les travaux : quai Ledru-Rollin, Le Marin's fait à nouveau couler l'encre.
Nouvel épisode dans le feuilleton qui agite les bords de Sarthe, côté cathédrale. L'association des riverains, qui réclame le départ de la péniche Le Marin's, amarrée depuis décembre quai Ledru-Rollin, dénonce une manoeuvre douteuse. En cause, un arrêté municipal interdisant le stationnement entre le 107 et le 113 bis, quai Ledrun-Rollin, du 8 au 10 avril.
L'arrêté, signé du service déplacements et transports de la ville, répond à une demande de la société Atelier de fabrication de métallerie (AFM), qui réalise des travaux de rénovation pour Nadia Gaultier, gérante de... la péniche.
Petit portail ou grosse passerelle ?
Dans un fax daté du 2 avril, l'entreprise sollicite une interdiction de stationner quai Ledru-Rollin. Objet des travaux ? « Dépose d'un portail au 15, rue A.-Maignan. » Adresse située loin des quais... « On reçoit trente ou quarante demandes d'arrêté par jour, on ne peut pas tout vérifier », indique le directeur du service déplacements et transports, pour justifier le feu vert à de supposés « travaux de rénovation ».
Intrigués par cette annonce, les riverains alertent la mairie. Qui se renseigne. Et annule l'arrêté. « La demande était erronée, elle ne correspond pas à la réalité des travaux », confirme Bernard Breux, adjoint au maire, en charge de la gestion des rivières à Le Mans Métropole. « En fait, pour accéder à la péniche, la gérante du Marin's souhaitait installer une passerelle, avec une grue. Entre un portail et une passerelle de trois tonnes, il y a une nuance... » L'élu a de quoi grincer des dents. En conseil municipal, fin janvier, le maire a vivement dénoncé le projet. L'arrêté s'avérait donc paradoxal. « On a été piégé, ça prend une tournure malsaine », estime Bernard Breux.
« Je n'ai rien formulé, je ne suis pas au courant. Ma société s'appelle Péniche dorée, pas AFM. Il ne faut pas tout mélanger », se défend Nadia Gaultier. Erreur, manipulation, négligence dans la rédaction du fax ? Contacté par téléphone, Stéphane Derrien, patron d'AFM, n'a pas répondu à nos appels.
Malgré un avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France et une procédure auprès du tribunal administratif (lire ci-dessous), les travaux continuent donc d'avancer. « Ça se fera. Il faut être optimiste », assure Nadia Gaultier, qui a investi 400 000 € dans l'affaire. « Nous aussi, on a mis de l'argent pour vivre ici, répond Nicolas Tachot, président de l'association des riverains. On a un environnement de qualité, qu'on veut protéger. »
Jérôme LOURDAIS.
Recours auprès du tribunal administratif
Après le PV, établi par le préfet, de contravention de grande voirie pour « infractions relatives à l'occupation sans autorisation du domaine public fluvial, à des travaux exécutés sans l'autorisation du propriétaire du domaine et à la dégradation du domaine public fluvial », le conseil général, chargé de la gestion de la rivière, saisit le tribunal administratif. Le conseil demande « l'expulsion de l'occupant et l'enlèvement de la péniche aux frais du propriétaire ».
En attendant la décision de justice, Nadia Gaultier poursuit les travaux. Elle joue gros. En cas de condamnation, l'astreinte pourrait s'élever à 500 € par jour.