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Jacobins : l'arrêté de fouilles préventives est pris... |
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Trois fosses ont été découvertes en février. La fouille des sépultures révolutionnaires constituera une phase très intéressante du chantier qui débutera d'ailleurs par elle. © Archives
La Drac a transmis à la ville du Mans le cahier des charges précisant les objectifs de la fouille. Celle-ci comportera quatre grands volets. Elle pourrait commencer dès janvier 2010.
Cette fois, c'est officiel : il y aura bien des fouilles préventives aux Jacobins avant la construction de l'Espace culturel. Le préfet de région a signé l'arrêté préparé par le service d'archéologie de la Drac (direction régionale des affaires culturelles) au vu des rapports de diagnostic de l'Inrap (l'institut qui a pratiqué les sondages archéologiques aux Jacobins en début d'année) et de l'avis de la Commission interrégionale de la recherche archéologique (Cira). « Nous avons établi un cahier des charges modelant l'architecture et les objectifs de la fouille » précise Didier Delhoume, conservateur du patrimoine au service régional d'archéologie. La prescription concerne toute l'emprise du chantier de l'Espace culturel, soit une surface d'environ 1 600 m2. Le volume de terre à évacuer se situera entre 30 000 et 38 000 m3...
Une fouille en quatre phases
Outre des aspects pratiques (les terrassements, le type de blindage, etc.), le cahier des charges de la Drac assigne quatre grands objectifs à la fouille. « Le gros volet sera celui du niveau antique avec, notamment, une importante étude de l'artisanat, détaille Didier Delhoume. Nous pensons que les traces que nous avons trouvées lors des sondages renvoient à la métallurgie et à d'autres types d'artisanat probablement liés à la présence d'eau. Nous aurons peut-être de la tannerie, par exemple. »
Second volet : le médiéval et l'époque moderne. Ce ne sera probablement pas la phase la plus riche mais elle pourrait réserver quelques surprises. « Nous espérons notamment trouver les fondations d'un bâtiment du chapitre cathédral dont on n'a retrouvé que des lambeaux lors des sondages. Ce bâtiment en forme de « L » est présent sur les plans des XVIIe et XVIIIe siècles. »
Un début en janvier ?
Il y aura aussi, bien sûr, la phase qui concerne les sépultures d'époque révolutionnaire. « Ce sera un beau volet de la fouille, poursuit Didier Delhoume. Il aura lieu dans les premières semaines du chantier et fera l'objet de toute une étude biologique, anthropométrique et anthropologique. Ce sera vraiment une opération pilote. Au niveau national, c'est un champ de recherches en plein développement. »
Le quatrième volet de la fouille sera « paléoenvironnemental ». Des spécialistes de différentes disciplines vont travailler sur la compréhension des « dynamiques sédimentaires » (c'est-à-dire la façon dont s'est comblé le vallon d'Isaac, sur lequel se trouvent les Jacobins) et « toute l'information paléoenvironnementale qui a été piégée dans les sédiments ».
En clair, cette étude pourrait permettre de restituer l'évolution du paysage, de la végétation et des pratiques agraires autour du vallon sur une période peut-être bien antérieure à celle de l'Antiquité.
La balle est donc aujourd'hui dans le camp de la ville du Mans. D'ici à la fin de l'année, elle va organiser et réaliser un appel d'offres européen pour choisir un opérateur agréé. Les fouilles pourraient commencer dans la foulée. Un calendrier prévisionnel a été établi. « Pour le moment, nous tablons sur cinq mois de fouilles, détaille Daniel Pluchon, conducteur d'opération au service architecture de la Ville. Elles pourraient se dérouler de janvier à mai ». En qualité de maître d'ouvrage, c'est la Ville qui fixe la durée des fouilles mais si une découverte de grande importance était faite lors du chantier, « ce délai serait évidemment à nouveau examiné. »