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Fourrière : ce qu'un Manceau doit savoir... |
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La dépanneuse Dam, ici mal stationnée, est la seule habilitée au Mans à retirer les véhicules dérangeants...
Vade-mecum à l'usage de l'automobiliste, mal stationné, à qui l'on enlève son véhicule.
Il y a des images qui donnent des idées d'article. Comme celle d'une dépanneuse de la fourrière, stationnée à cheval sur un trottoir, la semaine dernière, entre midi et deux. En sachant qu'elle est régulièrement mal stationnée à cet endroit, rue Pasteur au Mans. Première question, intrigante. Qui peut enlever ce camion-fourrière de la société Dam (Dépannage Automobile du Maine) qui est justement la seule habilitée par la Ville à enlever les véhicules en stationnement gênant ? La question est lancée, en mairie. « Vous me posez une colle », répond Daniel Rousseau, directeur du service déplacement, transport et éclairage public. Nadège Passe, sa collègue chargée de la fourrière, sèche tout autant. « De toute manière, la fourrière n'a pas les moyens d'enlever les véhicules de plus de 3,5 tonnes, précise-t-elle. La société Dam doit alors sous-traiter à Merdrignac, la seule société qui a des équipements pour déplacer des camions au Mans. » En clair, la fourrière dite municipale, n'est gérée que par une entreprise privée. Au titre d'une délégation de service publique.
Monopole sur la ville
Contrairement à Tours, où quatre sociétés de dépannage agréées par la Préfecture se partagent le marché, le Mans en a choisi une seule. « On aurait pu décider de sectoriser et de faire deux lots, lors de l'avis d'appel à concurrence lancé en juillet 2004, mais ça n'a pas été notre choix, explique la responsable de la gestion de la fourrière de la Ville. Deux candidats avaient répondu à l'appel. Mais de toute manière un seul a remis une offre », se souvient Nadège Passe. Cette délégation de service public, qui s'étend sur cinq ans, est la première puisqu'en juillet 2004, la fourrière est passée de l'autorité préfectorale à celle de la Ville.
Du coup, Dam - qui avait déjà le contrat avant 2004 - a eu une limitation de zone. Il n'intervient désormais qu'au Mans. Et plus dans la communauté urbaine. Les communes de l'agglomération n'ont donc plus de fourrière. Excepté Coulaines qui vient de se doter d'une fourrière municipale il y a moins d'un mois.
Combien y a-t-il d'enlèvements de véhicules au Mans chaque année. « Je n'en sais rien, peut-être 900 par an », réfléchit Patrick Vincent, le patron de Dam. « 600 », selon Nadège Passe. Le commissariat Coëffort tranchera, peut-être ? « Aucune idée, un certain nombre », précise le capitaine Meré, officier de police chargé de la communication au Mans. On ne répertorie pas trop ça. » La mairie reconnaît qu'il y en a eu, toutefois davantage, avec les travaux du tramway.
Dernière question, utile au contribuable ? Combien cette délégation de service public coûte aux Manceaux ? « C'est une opération blanche pour nous, d'où l'intérêt de faire une délégation », souligne Daniel Rousseau.
Dans tous les cas, les automobilistes, eux, doivent verser 91,51 € au dépanneur privé pour récupérer leur voiture, Impasse André-Fertré, près du circuit. Après un passage par la case Police, rue Coëffort, qui donne l'autorisation pour récupérer leur véhicule. Les automobilistes devront aussi payer 4,60 € par jour, s'ils tardent à venir chercher leur voiture. Combien ça rapporte à Dam ? « On rétrocède à la mairie 3,5 % », explique le dépanneur, installé depuis 1981. Qui tourne avec six dépanneuses au Mans.
Thierry SOUFFLARD.