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Au péage, Marie-Noëlle voit défiler les voyageurs... |
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La journée, il y a très peu de moments d'attente. « Le péage est toujours en mouvement » explique Marie-Noëlle.
4 600 véhicules passent tous les jours par le péage du Mans Nord. Dans sa cabine, Marie-Noëlle les regarde franchir la barrière... Sans lassitude.
Sur la route de retour des vacances, on la croise, le sourire aux lèvres, immuable, dans sa cabine de péage. Depuis sept ans, Marie-Noëlle voit passer les voyageurs, les travailleurs et les routiers devant sa petite fenêtre. Malgré des horaires difficiles, parfois de nuit, ce travail lui plaît : « J'aime le contact avec les clients, même si c'est bref. Avec certains, on échange deux trois mots. Ça leur fait du bien de parler avec quelqu'un après des kilomètres et des kilomètres ». Il y a bien sûr les conducteurs bougons, hermétiques, sans un mot. Il y a ceux qui lancent un bonjour du bout des lèvres. Des automobilistes blagueurs, des motards causants. Et il y a ceux qui reconnaissent Marie-Noëlle. Comme cette dame, descendue de sa voiture pour chercher son porte-monnaie à l'arrière : « Ça fait longtemps que je ne vous avais pas vue ! Vous allez bien ? Bientôt les vacances ? ».
Orienter les voyageurs perdus
Et elle est sûrement là toute la différence avec une borne automatique. « Les gens me racontent si il y a eu des problèmes, des véhicules en panne ou des accidents sur l'autoroute. On est parfois les premiers avertis. » Patiemment, elle écoute les plaintes, oriente les voyageurs perdus... Parfois, elle travaille au CAD, le centre d'appel d'urgences, « ça change, au moins je ne suis pas seule ! ». La solitude, c'est surtout la nuit, quand les moments d'attente dans la petite cabine sont parfois longs : « J'emmène de la lecture et des mots croisés... ».
Pour sa sécurité, Marie-Noëlle n'a pas le droit de sortir de son cocon protecteur. Mais par la vitre, elle en voit des vertes et des pas mûres... Automobilistes qui font demi-tour sur l'autoroute, piétons qui traversent sans prendre garde, et caravane... Coincée dans la voie avec gabarit pour les véhicules bas : « Ils ont dû démonter tout le gabarit », sourit-elle, « ça arrive souvent aussi avec les vélos sur le toit de la voiture. Les gens les oublient ». À 45 ans, après avoir tenu une charcuterie, Marie-Noëlle se sent bien ici : « Ce n'est pas trop épuisant et si on travaille bien, on est tranquille, sans chefs sur le dos ». Un beau sourire sur la route de la rentrée.
Élodie FORÊT.