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« Une transmission en douceur » : ces salariés d’Ille-et-Vilaine ont racheté leur entreprise... |
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Yvan Roger, troisième du premier rang (à gauche) et Gwendal Audusseau (sixième), en compagnie de l’ensemble des membres de l’entreprise Velec. © Ouest-France
Spécialisée en électricité, la société Velec industriel, installée depuis 2006 près de Fougères (Ille-et-Vilaine), a changé de statut, vendredi 14 novembre 2025. Elle a été reprise par ses employés, qui ont voté pour en faire une société coopérative (Scop).
L’entreprise Vélec industriel, basée dans le pays de Fougères (Ille-et-Vilaine), change de main. Et pas n’importe lesquelles : celles de ses employées. La société, installée depuis 2006 dans la zone artisanale des Estuaires, à Romagné, a modifié ses statuts pour devenir une société coopérative (Scop), dont les salariés sont actionnaires.
« Cette mutation s’est déroulée dans le cadre d’une transmission en douceur de l’entreprise, tout en assurant sa pérennité », assure le nouveau président, Gwendal Audusseau, salarié de l’entreprise depuis vingt-cinq ans et élu à la tête de la nouvelle Scop.
Vendredi 14 novembre 2025, 16 des 28 salariés associés aux concertations ont approuvé le changement de statut juridique de la société spécialisée dans l’électricité tertiaire et industrielle, lors d’une assemblée générale constitutive.
Un partage équitable du profit
Il y a deux ans, l’idée a germé de transformer l’entreprise en Scop. Yvan Roger, le président de l’entreprise depuis 2008, souhaite vendre, car il n’a pas de descendance à qui transmettre la société. Gwendal Audusseau lui propose alors de reprendre l’entreprise sous le statut de Scop, où les salariés détiennent au moins 51 % du capital social et où le partage du profit est équitable.
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Yvan Roger concède cependant avoir eu au début « quelques réticences », en s’informant sur les Scop et en découvrant que certaines « n’avaient pas bien fonctionné ». Mais il cherche à glaner plus d’informations et consulte dans la région. « J’ai sollicité des dirigeants de Scop de dimensions différentes, dont l’Acome de Mortain, l’une des plus importantes de France. » Et il finit par se décider à franchir le pas.
Saluer l’engagement des salariés
Pour reprendre l’entreprise, seize membres associés de Vélec ont apporté une contribution comprise entre 10 000 et 20 000 €. Les emprunteurs ont pu bénéficier de prêts coopératifs à taux d’intérêt avantageux. La faisabilité du projet avait été vérifiée par l’Union régionale des Scop. « Nous accompagnons les associés sur le plan juridique, humain et financier », précise Jérôme Carpinelli, responsable de l’Union région des Scop de l’Ouest, qui a suivi le projet.
Pour le président Yvan Roger, cette transformation est aussi une manière de saluer l’engagement de ses salariés. « Les personnes qui m’entourent ont débuté au bas de l’échelle, rappelle-t-il. La culture de l’entreprise leur a permis d’évoluer progressivement dans la hiérarchie et d’acquérir une réelle connaissance de la filière. J ’ ai trouvé tout naturel que les salariés qui héritent de leur outil de travail. »
Avant son départ à la retraite, Yvan Roger continuera d’accompagner ses anciens salariés pendant une année, puis se concentrera vers de nouveaux projets.