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« Un niveau à 6,77 m » : face à l’eau qui monte, ce petit village de Maine-et-Loire devra être évacué ce vendredi... |
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Les rues de Cheffes (Maine-et-Loire) n’étaient déjà plus praticables qu’en barque mercredi 18 février. Mais la situation va encore empirer d’ici samedi, nécessitant l’évacuation du village. © OUEST-FRANCE
La commune de Cheffes (Maine-et-Loire) est située au cœur de la zone la plus frappée par les inondations en Maine-et-Loire. Jeudi soir, le préfet a demandé à la population d’évacuer le village, en prévision de la montée des eaux attendue d’ici samedi. Cela avait déjà été le cas en 1995, lors d’une crue historique.
Cette fois, il n’y a plus d’autre choix possible. Les niveaux attendus à Cheffes-sur-Sarthe dans les prochaines 24 heures nécessitent une évacuation de la population encore sur place dans la journée de ce vendredi 20 février.
Comme l’a souligné le Courrier de l’Ouest, le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau, tire ainsi les conclusions de l’évolution prévisible de la situation dans cette commune, au cœur des Basses vallées angevines.
Au cœur de la zone d’expansion des crues
Jeudi à 18 h 20, le niveau d’eau relevé à la station de Cheffes était de 6,50 m. Il pourrait monter à 6,77
m dans la matinée de samedi », révèle la préfecture. Un phénomène inéluctable, tant c’est bien un scénario catastrophe qui se dessine dans les Basses vallées angevines. Cette zone d’environ 100 km2 sert de zone naturelle d’expansion des crues pour le bassin-versant d’Angers. Il peut contenir jusqu’à 400 millions de m³ d’eau. Dont, comme le notait la Dreal (1) dans un rapport de 2013, environ la moitié dans la partie aval de la Sarthe ».
Là où se trouve Cheffes…
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Déjà en 1995, déjà un vendredi
La commune a déjà vécu de telles situations de crise. Cheffes avait été l’un des lieux les plus touchés d’Angers et sa région par la crue exceptionnelle de janvier 1995, il y a trente ans. Hasard de l’histoire, l’évacuation avait été ordonnée un vendredi déjà, un hélicoptère tournoyant au-dessus du village pour inciter les habitants à partir. L’armée avait même été déployée en renfort aux abords de la commune, déjà inaccessible. Les habitants n’avaient pu rentrer chez eux qu’au bout de sept jours.
1) La direction régionale à l’environnement, l’aménagement et le logement.