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« The Agency » sur Canal+. Une version plus cérébrale du « Bureau des légendes »... |
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Michael Fassbender reprend le rôle de Mathieu Kassovitz dans « The Agency ». © Copyright Paramount +
Le remake américain du « Bureau des Légendes » avec Michael Fassbender est une copie très agréable à regarder. Mais manque quand même le frisson si particulier de l’original.
Très apprécié de l’autre côté de l’Atlantique, Le Bureau des Légendes a droit, cinq ans après sa conclusion, à son remake américain. Une pure copie assumée, qui tient quand même à y apposer sa patte et son ambition. La version US - produite par George Clooney en personne - s’inspire très fidèlement du chef-d’œuvre français, en recyclant l’intrigue fondatrice : le retour difficile d’un agent de la CIA après des années passées sous couverture en Afrique. Entre devoir d’État et amour interdit, le dilemme est intact — mais traité ici sous une lumière plus sombre, plus tendue, plus clinquante aussi.
Indéniablement, The Agency est une série d’espionnage sophistiquée, capable de creuser autant la psyché fissurée de ses agents que les jeux troubles de la diplomatie contemporaine. C’est intelligent, dense, souvent passionnant… Mais jamais aussi tendu que l’original. Le souffle des premières saisons françaises - quand Marina Loiseau s’enfonçait en Iran - manque cruellement.
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Un remake un peu trop sage
Une version plus cérébrale que tendue, plus élégante qu’haletante. Michael Fassbender (X-Men) incarne un espion rongé de l’intérieur, tout en retenue et en présence. À ses côtés, Richard Gere, Jeffrey Wright et Lashana Lynch forment un casting solide, qui n’a pas à rougir de la comparaison avec Henri Duflot et Marie-Jeanne Duthilleul (Jean-Pierre Darroussin et Florence Loiret Caille). La mise en scène, signée Joe Wright (Orgueil et préjugés), soigne l’image : atmosphère feutrée, cadres léchés, rythme posé. Peut-être trop.
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À force de sophistication, The Agency s’éloigne du réalisme brut et du suspense nerveux de son modèle. Si la volonté de produire un objet visuel noble saute aux yeux, l’émotion reste contenue, muselée par l’élégance formelle. Un bel écrin qui laisse le cœur du spectateur un peu froid.
Sur Canal+  dès le jeudi 22 mai.