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Sarthe. Déserts médicaux : une plainte déposée auprès du Conseil d’État... |
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L’Association de citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM) en appelle désormais au Conseil d’État. © Photo archives Le Courrier de l’Ouest
Sans réponse au courrier adressé le 11 janvier 2021 au Premier ministre et au ministre de la santé, l’Association de citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM), créée en Mayenne en 2016 et active en Sarthe, se tourne désormais vers le Conseil d’État. Objectifs : enjoindre l’État à lutter contre la désertification médicale et rétablir le droit à la santé pour tous et partout en France.
Il n’y a pas eu de réponse, ce qui vaut refus, au courrier du 11 janvier 2021, adressé au nom de l’ACCDM par Maître Corinne Lepage à M. Jean Castex, Premier ministre, et à M. Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, leur demandant de respecter l’application de ce droit
, informe l’association, représentée en Sarthe par le docteur Laure Artru, dans son communiqué diffusé ce lundi 17 mai 2021.
Dans ce courrier rédigé par l’avocate Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, l’ACCDM sommait l’État de prendre les mesures indispensables à la cessation de la carence sanitaire sur une grande partie du territoire français. Leur injonction s’appuyant sur le principe d’égalité de la Déclaration des Droits de l’Homme et les valeurs constitutionnelles d’accès à la santé.
9 millions de patients sans médecin traitant
.Maître Corinne Lepage, au nom des 9 millions de patients sans médecin représentés par l’ACCDM,
a donc adressé au Conseil d’État un recours pour enjoindre l’État à prendre les mesures immédiates et nécessaires afin de se soumettre à son obligation constitutionnelle d’égalité envers les citoyens
Si le Conseil d’État confirme, ce que nous espérons, la recevabilité de notre requête, et enjoint l’État à prendre les mesures nécessaires, celui-ci devra enfin organiser la juste répartition de l’offre de soins sur le territoire, en faisant voter les lois qui le permettront
, indique l’association dans son communiqué.
La situation d’urgence nécessite un engagement sur des moyens et un calendrier, avec des mesures très fortes à résultats immédiats, en parallèle à la mise en place d’une stratégie de plus long terme, qui questionne de façon plus large l’aménagement du territoire et l’accès aux services.
« La télémédecine, pas une solution »
Si la médecine libérale veut être maintenue, il faudra que ceux qui la défendent en assument les contraintes, c’est-à -dire acceptent d’assurer des soins continus et de qualité en médecine générale et en spécialité dans les territoires sous-dotés
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La télémédecine, qu’on voudrait
généreusement
attribuer aux déserts médicaux, n’est pas une solution, ce n’est pas une médecine de qualité, elle ne diminue pas le temps médecin, et surtout elle introduit une rupture d’égalité dans les modalités de soin, en plus d’entretenir des discriminations territoriales.