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RÉCIT. Retour de Nantes en Bretagne : pourquoi le débat revient régulièrement depuis cinquante ans

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photo  en décembre 2020, le drapeau breton a été hissé dans la cour de l’hôtel de ville de nantes. un acte symbolique.  ©  ouest-france 4

En décembre 2020, le drapeau breton a été hissé dans la cour de l’hôtel de ville de Nantes. Un acte symbolique. © Ouest-France

Depuis quelques mois, le débat autour de la réunification de la Bretagne est relancé. Des associations militantes et des élus prennent position pour que la Loire-Atlantique devienne un département breton. Des revendications qui n’ont rien de nouveau : le combat pour la réunification dure depuis une cinquantaine d’années. Premier épisode de notre série sur la réunification de la Bretagne.

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À l’approche des élections régionales – prévues en juin – le débat autour du retour de la Loire-Atlantique dans la région Bretagne bat son plein à coups de pétitions, de tribunes et de vœux municipaux. Mais à quand remonte cette séparation ? Les militants qui critiquent cette scission tiennent à rappeler que, historiquement, Nantes est une ville bretonne : les ducs de Bretagne y ont résidé et, jusqu’à la création des départements en 1790, la ville faisait partie de la province de Bretagne.

Certains imputent la séparation administrative au gouvernement de Vichy qui, le 30 juin 1941, sort la Loire-Atlantique de la Bretagne en créant deux préfectures régionales : Angers et Rennes. Mais les partisans de la région Pays de la Loire rappellent que tous les décrets de Vichy ont été abolis en août 1944. Une date ne fait pas débat : le 13 juillet 1956, lorsque le gouvernement de Guy Mollet (SFIO) signe un arrêté ministériel créant les 22 régions. La Loire Inférieure est alors incluse dans les Pays de la Loire.

photo à nantes se trouve toujours le château des ducs de bretagne, vestige de la période où la ville était intégrée à la province bretonne.  ©  ouest-france

À Nantes se trouve toujours le château des Ducs de Bretagne, vestige de la période où la ville était intégrée à la province bretonne. Ouest-France

Depuis 1958 et la Ve République, les découpages régionaux et les différentes lois de décentralisation ont toujours maintenu cet état de fait. Pourtant, durant « les années Celib » du Comité d’études et de liaison des intérêts bretons, au début des années 1950, la Loire-Atlantique était associée à l’idée d’une nouvelle régionalisation. Mais l’influence de ce lobbying breton va décroître à partir de 1964, avec une réforme qui regroupe les services de l’État autour du préfet de Région.

Dans les années 1970, l’identité bretonne refait surface

En 1972, la loi de régionalisation donne plus de compétences aux établissements publics régionaux. Et c’est au même moment que ressurgit l’identité politique régionale bretonne qui conteste la partition. L’argument culturel peut devenir économique à l’heure du plan nucléaire du Premier ministre Messmer : la Bretagne est bien plus déficitaire en énergie quand on n’y inclut pas la production d’électricité de la centrale thermique de Cordemais en Loire-Atlantique…

C’est aussi l’heure des premiers vœux pro-réunification votés par des assemblées : déjà en 1980, le conseil municipal de Nantes vote pour l’unification de la Bretagne. Les lois Defferre de 1982 entérinent les limites administratives. En 1977 et 2001, le conseil régional de Bretagne vote un vœu pour l’organisation d’une consultation.

Le Président Sarkozy instaure, en 2008, un comité pour la réforme des collectivités locales, présidé par Édouard Balladur. Il propose un passage à 15 Régions au lieu des 22 Régions de 1956. Dans ses conclusions en janvier 2014, le Comité Balladur, même s’il parle aussi d’une fusion Bretagne et Pays de la Loire, propose que la Loire-Atlantique revienne en Bretagne, préconise la création d’une région Val-de-Loire à neuf départements et une grande Normandie.

En 2014, 30 000 manifestants pour une réunification

Le Président Hollande balayera les propositions de la commission Balladur en ce qui concerne la réunification. Il écoutera un moment l’idée d’une fusion entre Bretagne et Pays de la Loire, défendue par Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre, mais aussi par la maire de Rennes et le maire de Brest. Mais Jean-Yves Le Drian et Jean-Jacques Urvoas, ministres, s’opposent à ce « grand ouest ». Rien ne bouge. Statu quo depuis le 2 juin 2014.

La même année, à l’appel de l’association Bretagne réunie, 30 000 personnes défilent à Nantes en faveur de la réunification. Deux ans plus tard, en 2016, l’association lance une pétition réclamant l’organisation d’une consultation de la population. En 2018, 105 000 habitants de Loire-Atlantique ont signé le texte. Bretagne réunie ne réclame pas la tenue d’un référendum mais estime que c’est au Parlement de décider cette modification des limites régionales.

photo en 2014, environ 30 000 personnes ont manifesté dans les rues de nantes pour réclamer un rattachement de la loire-atlantique à la bretagne.  ©  ouest france  archives

En 2014, environ 30 000 personnes ont manifesté dans les rues de Nantes pour réclamer un rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. OUEST FRANCE archives

Fin 2020, le débat est relancé par une autre nouvelle association : A la bretonne !. Cette-fois, l’association défend une autre méthode pour la réunification puisqu’elle souhaite recourir au référendum « à l’horizon 2024 ». Elle organise ainsi un colloque à Nantes en octobre 2020 et invite les élus et les candidats aux prochaines élections régionales à se positionner.

Pour sa part, l’association Bretagne réunie estime que l’organisation d’un référendum par le Parlement est impossible à mettre en œuvre « sauf révision constitutionnelle ». Cette association privilégie un vote du Parlement sur la réunification. Par exemple, à l’occasion de l’examen du projet de loi 3D (décentralisation, différenciation et déconcentration), actuellement en gestation.

Lire aussi : Loire-Atlantique. Les militants bretons tiennent à un référendum

Nouveau rebondissement en 2021, dans le Journal du dimanche en date du 17 janvier, 150 élus de tous bords – dont 7 députés et 6 sénateurs – demandent au Président Macron d’engager le processus législatif pour que les électeurs de Loire-Atlantique soient consultés par référendum sur leur souhait, ou non, de rejoindre la Région Bretagne.

photo les associations avancent plusieurs hypothèses pour un nouveau découpage territorial. la région pays de la loire pourrait, par exemple, se fondre dans deux régions voisines : nouvelle aquitaine et centre val-de-loire.  ©  infographie ouest-france

Les associations avancent plusieurs hypothèses pour un nouveau découpage territorial. La région Pays de la Loire pourrait, par exemple, se fondre dans deux régions voisines : Nouvelle Aquitaine et Centre Val-de-Loire. Infographie Ouest-France

Débat relancé à l’approche des Régionales

L’activisme de A la Bretonne ! semble porter ses fruits. Sollicité par l’association, Matthieu Orphelin, tête de liste écologiste aux régionales dans les Pays de la Loire, a annoncé être favorable au principe d’un référendum en Loire-Atlantique sur la réunification de la Bretagne. Guillaume Garot (PS) l’avait déjà fait. En Bretagne, le conseil municipal de Vannes a voté un vœu le 19 avril en faveur d’une consultation. Ce vœu suit ceux de Brest, Nantes, Rennes, Saint-Nazaire et Quimper.

Lire aussi : Faut-il démanteler la Région des Pays de la Loire ?

Mais alors pourquoi tant vouloir réunir la Loire Atlantique et la Bretagne ? Pour l’historien spécialiste de la Bretagne Alain Croix, il existe quatre arguments en faveur du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Le premier, « purement négatif », consiste à souligner le caractère artificiel de la région des Pays de la Loire. Le deuxième argument renvoie à l’histoire et à l’appartenance ancienne de Nantes au duché de Bretagne. Le troisième argument porte sur le souci de préserver et développer l’identité bretonne de Nantes.

« Le dernier argument est aujourd’hui le plus valorisé par les partisans du rattachement », indique Alain Croix. Il s’agit du caractère positif de l’image de la Bretagne et de ses effets en matière de tourisme et d’économie.

 
Olivier MELLENNEC et Christian GOUEROU.    Ouest-France  

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avatar Xavier X.
RÉCIT. Retour de Nantes en Bretagne : pourquoi le débat revient régulièrement depuis cinquante
Xavier X.

Le débat revient car la région Pays de Loire n'a jamais été acceptée par la population. Les Nantais en ont marre qu'on leur dise "ha! mais vous n'êtes pas de vrais Breton alors ?" Franchement... vous vous souvenez de la niaiserie des campagnes de promotion identitaires des PDL ?

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RÉCIT. Retour de Nantes en Bretagne : pourquoi le débat revient régulièrement depuis cinquante

Le débat revient car la région Pays de Loire n'a jamais été acceptée par la population. Les Nantais en ont marre qu'on leur dise "ha! mais vous n'êtes pas de vrais Breton alors ?" Franchement... vous vous souvenez de la niaiserie des campagnes de promotion identitaires des PDL ?

RECIT. Retour de Nantes en Bretagne : pourquoi le debat revient regulierement depuis cinquante ans
Ppieriv

@Matridu44 À la différence qu'à l'époque, on ne cherchait pas à jouer à l'ingénierie sociale en voulant inculquer une identité régionale aux gens. Jules Verne se disait breton alors que la Bretagne n'existait même plus administrativement ! Et puis franchement, quelle identité ? La Ligérie ne séduit personne. Les Vendéens sont d'abord Vendéens, le 49 ligérien, Nantes et la Loire-Atlantique regardent vers le nord-ouest. Suffit de regarder la répartition de la population... Ça ne prend pas.

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