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Le Mans. Recruter dans les quartiers à fort taux de chômage : ce n’est pas si facile2 |
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Les différents intervenants, devant le bus de l’emploi stationné place des Sablons, n’ont pas accueilli autant de personnes qu’espéré. © Le Maine Libre
Le bus de l’emploi a stationné tout l’après-midi, lundi 5 juillet 2021, sur la place des Sablons, au Mans. Mais les différents intervenants (intérim, BTP, insertion), qui recrutent, ont recueilli très peu de CV. Explications.
S’installer en plein cœur d’un quartier populaire le temps d’une après-midi, à quelques mètres d’un arrêt de tramway, pour proposer des offres de l’emploi dans les secteurs qui recrutent et recueillir des CV. A priori, le concept doit être couronné de succès. A priori seulement.
« Ce n’est pas le boulot qui manque, c’est la ressource »
Lundi 6 juillet, place des Sablons au Mans, le bus de l’emploi, piloté par l’agence Le Mans Développement et la Mission locale de l’agglomération, est reparti presque bredouille. Les différents intervenants (intérim, BTP, insertion) n’ont recueilli qu’une dizaine de CV.
Pourtant, aux Sablons, le plus grand quartier d’habitat social du Mans, un habitant sur trois est au chômage. À croire que les gens ne cherchent pas de boulot et qu’ils sont en vacances
, s’agace Soline Seychelles, responsable de l’agence bâtiment de Manpower en Sarthe.
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Pourtant, ce n’est pas le boulot qui manque, c’est la ressource. On recherche juste des gens qui ont envie de travailler et qu’on va former. La motivation doit être le premier critère. Beaucoup de gens n’ont pas de moyen de locomotion, c’est pour ça qu’on vient à leur rencontre. On ne comprend pas qu’il y ait autant de demandeurs d’emploi et aussi peu de monde à venir postuler.
Pour Abdellatif Ammar, « il faut aller chercher les gens »
Selon Pierre-André Viot, conseiller en insertion professionnelle au sein de l’association Tarmac, le mauvais temps
peut expliquer cette faible affluence. Depuis deux ans, d’une manière générale, c’est difficile de recruter
, contextualise Mickaël Stevens, chargé de recrutement et d’accompagnant pour un groupement d’employeurs œuvrant dans le bâtiment et les travaux publics.
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L’échec de l’opération recrutement aux Sablons aurait-il une autre raison ? Abdellatif Ammar, chargé de mission à la maison de l’emploi et de la formation, a sa petite idée sur la question. Ici, ça marche beaucoup par le bouche-à -oreille. Je suis allé voir les gens à l’arrêt de tram, à La Poste, il ne faut pas avoir peur. Je suis persuadé qu’il y a des bons dans le quartier, qui respectent les horaires, les règles de sécurité, mais il faut aller les chercher. Et leur proposer de l’immédiateté, raccourcir le délai entre le moment où on les rencontre et le moment où ils peuvent commencer à travailler.
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Les chantiers de construction recrutent dans le quartier
Celui qui est aussi adjoint au maire du Mans écologiste en charge de la vie des quartiers s’affranchit des codes et positive. Cet après-midi (lundi), j’ai rencontré 13 personnes. Si j’étais resté à mon bureau, je n’en aurais vu aucune ! Il faut renouveler l’opération plusieurs fois cet été pour marquer notre présence au sein du territoire. On doit créer ce lien entre les différents partenaires pour trouver des candidats.
Les postes à pourvoir, peu qualifiés, ne manquent pas. On a beaucoup d’offres d’emploi en insertion à proposer dans les secteurs du nettoyage, des travaux publics, des espaces verts
, indique Abdellatif Ammar, qui précise être régulièrement sollicité par de grands groupes du BTP qui ont l’obligation d’employer des travailleurs en insertion.
Dans le cadre d’une clause sociale figurant dans le marché public lancé par la ville, une partie des travaux du futur centre commercial des Sablons devront être effectués par des ouvriers embauchés dans le quartier.
La sarthe est comme les autres pays de la Loire: les limes ont des entreprises intéressantes, qui recrutent, Amada château du Loir, Rustin Chartres sur le Loir, Sablé avec LDC, la fonderie grandry, la Flèche aussi Mamers , la Ferté Bernard, et le chef-lieu n'a pas grand chose à proposer. Beaucoup n'ont ni voiture ni permis, et les moyens de transport sont inadaptés pour les gens désirant travailler. C'est dans un lieu à l'abri de la pluie de la chaleur avec des collègues toujours les mêmes, une entreprise qui produit des choses réelles ou virtuelles que les gens ont envie d'aller, quelque chose de gratifiant, je travaille chez?