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« L’arrosage c’est pas automatique » Ces communes des Pays de la Loire cherchent des solutions... |
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Au premier rang les élus municipaux et communautaires, de Sarthe, mais aussi des départements voisins de Mayenne et de Maine-et-Loire signent la convention. Derrière, les responsables des CAUE 72, 53, et 49, avec, au centre, David Gordon, paysagiste. © Ouest-France
Comment économiser l’eau d’arrosage de la ville, désimperméabiliser les sols, prévenir les inondations ? C’est tout l’enjeu de cette convention signée le mardi 11 mars 2025 à Saint-Léonard-des-Bois (Sarthe) par les élus de trois communes et d’une communauté de communes de Sarthe, du Maine-et-Loire et de Mayenne avec des partenaires publics et privés.
La sécheresse marquée de l’été 2022 avait imposé aux préfets de prendre des arrêtés de restrictions pour les usages des villes et jardins. Elle a suscité une prise de conscience locale de Pascal Delpierre, maire de Saint-Léonard-des-Bois (Sarthe), dans les Alpes mancelles : « Même sur notre bassin-versant de la Sarthe, l’eau peut être une ressource rare. » Et une interrogation : « Comment maintenir un beau village végétalisé et labellisé village fleuri et visité par de nombreux touristes ? » Pour répondre à cette question, il s’est tourné vers l’Établissement public territorial du bassin de la Sarthe (EPTB).
Une journée citoyenne de sensibilisation
Le 1er décembre 2023, une journée citoyenne de sensibilisation sur l’ensemble de la commune avait lieu. Ce jour-là , habitants, élus et agents techniques, encadrés par le Conseil d’architecture d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) et David Gordon, paysagiste, ont planté des palettes végétales adaptées aux enjeux actuels du dérèglement climatique (des plantes vivaces), afin de consommer moins d’eau d’arrosage. Ils ont aussi désimperméabilisé les sols, en retirant du minéral, notamment en pied de mur, pour permettre l’infiltration d’eau au lieu du tout-à -l’égout existant. Seul le pont, l’entrée du bourg restera ornementé de fleurs annuelles en jardinières afin de conserver l’attractivité habituelle touristique. Un slogan est apparu : « L’arrosage, c’est pas automatique ». De cette action, Pascal Delpierre en a tiré quatre retours d’investissement : « La ville reste fleurie et attractive, nous faisons une économie d’achats de végétaux et d’eau substantielle. Nous achetions auparavant pour 5 000 € de végétaux par an. Il est à noter aussi le gain de temps des employés municipaux qui peuvent être ainsi affectés à d’autres tâches. »
En suivant cet exemple, Laurence Bataille, 1re adjointe de Juigné-sur-Sarthe (Sarthe), Jean-Marie Cardoen, maire de Morannes-sur-Sarthe-Daumeray (Maine-et-Loire), Jaqueline Lepage, maire de Saulges (Mayenne) et Adélaïde Dejardin, de la Communauté de communes des Coëvrons (Mayenne), ont signé en la mairie de Saint-Léonard-des-Bois une convention de partenariat avec l’EPTB et les CAUE de leurs départements respectifs. Elles bénéficieront d’un accompagnement identique à celui reçu à Saint-Léonard-des-Bois, pionnière dans le domaine. Trois journées de plantation y sont d’ores et déjà retenues à l’automne 2025.