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« J’ai pu voir Adèle Exarchopoulos » : pendant un mois, ce village a vécu au rythme du tournage d’un film très attendu... |
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Du 12 février au 13 mars 2026, Le Pigeon blanc et la rue du commerce à Vern-d’Anjou (commune déléguée d’Erdre-en-Anjou) ont accueilli le tournage de Mariage au goût d’orange, le prochain long-métrage de Christophe Honoré. © Ouest-France
Du jeudi 12 février au vendredi 13 mars 2026, le réalisateur Christophe Honoré a tourné son prochain long-métrage, Mariage au goût d’orange, à Vern-d’Anjou, commune déléguée d’Erdre-en-Anjou, au nord ouest d’Angers (Maine-et-Loire). De quoi susciter la curiosité des habitants, modifier le quotidien de certains aussi. Les retours sont globalement positifs.
C’est une belle expérience et un film que je vais certainement regarder.
Depuis quelques semaines, la vie professionnelle d’Arnaud Lemestre a pris une tournure inattendue. À ses tâches habituelles, le directeur des services techniques d’Erdre-en-Anjou a ajouté un autre volet : aider au bon déroulement du tournage d’un long-métrage.
Depuis le 12 février, après huit jours sur Rennes, le réalisateur Christophe Honoré a en effet investi le restaurant Le Pigeon Blanc à Vern-d’Anjou pour y poursuivre et achever le tournage de Mariage au goût d’orange, produit par les Films Pelléas. Il y est resté jusqu’à ce vendredi 13 mars soit, une fois les week-ends retirés, vingt-deux jours de prises de vues.

Vendredi 6 mars, début de soirée, les équipes préparent les voitures du mariage sur le parking du Pigeon blanc, à l’abri des regards. Ouest-France
Tout ceci n’est pas passé inaperçu. Déjà parce que le parking situé à côté du cimetière a accueilli, durant tout ce laps de temps, un ensemble de constructions modulaires. À l’intérieur, les comédiens y étaient coiffés, maquillés, habillés. Les plus jeunes avaient même un espace dédié pour se détendre entre les prises. Une partie était réservée aux costumes des nombreux figurants. Deux grandes tentes faisaient office de lieu de restauration.
« Il fallait que l’on échappe aux véhicules récents »
Mais c’est surtout rue du Commerce que cet évènement inhabituel a eu le plus d’impact. Pour les besoins du tournage, celle-ci a régulièrement été fermée à la circulation, de jour comme de nuit. Y compris quand la scène se passait en intérieur. Comme c’est un film d’époque, qui se déroule en 1978, il fallait que l’on échappe aux véhicules récents y compris en arrière-plan, explique Clotilde Martin, la directrice de production. Il fallait également se prémunir des nuisances sonores liées aux poids lourds.

Durant le tournage de « Mariage au goût d’orange », une partie de la rue du Commerce à Vern-d’Anjou était coupée à certains moments de la journée et de la nuit. Ouest-France
Sur cet axe très emprunté, situé sur la route départementale 770 reliant Candé au Lion-d’Angers, le département de Maine-et-Loire a même mis en place une déviation durant toute la durée du tournage. Via Segré.
En amont de l’arrivée des quelque 60 techniciens, l’équipe du tournage avait averti commerçants et riverains concernés. Une mesure appréciée même si la fleuriste déplorait quelques approximations dans les horaires et des stationnements gênants. Ils ont surtout bloqué le vendredi 13 février, tout l’après-midi et en soirée. La veille de la Saint-Valentin, ce n’était pas terrible pour moi. Après, on avait un numéro pour les joindre et échanger. Ils ont été coopératifs.
« Je suis parfois restée pendant trois ou quatre heures »
Dans l’ensemble, les habitants ont vu le bon côté de la chose, le rayonnement pour la commune, confie Arnaud Lemestre. Et on a pu maintenir le marché, c’était important.
Chaque jour, avant que le tournage ne débute, certains en ont profité pour observer les techniciens à l’œuvre. Accompagnée de sa copine Maëva, Océane (17 ans) était même une fidèle. Je suis impressionnée par tout le matériel et le nombre de personnes. Je suis parfois restée pendant trois ou quatre heures. J’ai réussi à apercevoir quelques scènes au loin. J’ai pu voir Adèle (Exarchopoulos).
Approcher les comédiens était toutefois compliqué. J’ai des copines qui ont croisé Alban Lenoir à plusieurs reprises, souligne néanmoins Maryline, autre habitante du village. Il était très abordable. C’est chouette d’avoir un tournage de film dans notre petite commune. On joue les curieux, on regarde à l’intérieur en passant. Le fait de voir la décoration refaite, avec ce flipper notamment, c’est sympa. Il y a aussi toutes ces anciennes voitures. On a hâte de voir le film.
Des retombées économiques, des rencontres avec les écoles
Qui dit tournage, dit retombées économiques sur le territoire. Si le traiteur était breton, suivant le tournage depuis son début à Rennes, les commerçants locaux ont été un peu sollicités. Mais c’est surtout en termes de logements que le retour est significatif. L’équipe a loué différents gîtes, appartements ou maisons sur Segré, Marans, Angrie et Angers.

Clotilde Martin, directrice de production sur le film Mariage au goût d’Orange, a rencontré les élèves de l’école Hervé-Bazin. Ouest-France
Sollicitée par une enseignante de l’école Hervé-Bazin, Clotilde Martin s’est par ailleurs rendue dans l’établissement pour échanger avec les élèves de l’école primaire. Ils avaient préparé la rencontre en amont, les questions étaient très précises. C’était hyper intéressant.
La directrice de production a également invité les enfants de maternelle à visiter le site du tournage. Pour eux, il est difficile de faire la part entre fiction et réalité, j’ai donc plutôt misé sur le visuel : les costumes, les voitures, les caméras…
Un film très attendu
Auteur, metteur en scène, réalisateur, scénariste…, Christophe Honoré est un touche-à-tout. Ce nouveau film est très attendu et jouit d’un casting de renom : Adèle Exarchopoulos, Vincent Lacoste, Paul Kircher, Nadia Tereszkiewicz, Alban Lenoir. Au total, il réunit 19 comédiens adultes et 10 comédiens enfants.
Mariage au goût d’orange est en partie inspiré de la vie de Christophe Honoré. L’intrigue se passe en 1978 dans la région nantaise à l’occasion du mariage du petit dernier d’une fratrie de sept enfants. L’histoire se déroule sur une journée. On suit les mariés depuis la sortie de l’église en matinée, puis le départ vers le vin d’honneur, la fête, le dîner, le soir
, retrace Clotilde Martin.
Théâtre du tournage du vin d’honneur à la noce, rappelant au passage des souvenirs à nombre d’habitants de la région, le restaurant Le Pigeon blanc a été choisi parmi une multitude de décors visités entre Nantes et Le Mans. C’était compliqué de trouver la perle rare, poursuit la directrice de production. On avait de nombreux critères dont celui de l’époque qui était extrêmement important. Il nous fallait quelque chose dans son jus, pas modernisé, sur laquelle notre équipe de décoration pouvait s’appuyer comme point de départ. On souhaitait aussi que cela se situe dans une ville à taille humaine.