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« J’ai perdu un précieux collier lors d’un voyage à Pékin, mais ce geste m’a redonné foi en l’humain »... |
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« Je rembobine notre départ, les bagages, la trousse de toilette, tout y passe… Mais pour l’instant, tout est dans la soute de l’avion. » Photo d’illustration. © OLGA Zhukovskaya / Getty Images / iStockphoto
Courrier des lectrices et des lecteurs. « Ce bijou fantaisie, offert par mes enfants, ne quittait pas mon cou, sauf la nuit. Dans le vol retour d’un voyage en Chine, instinctivement, je vérifie que le collier est accroché. Poussée d’adrénaline, sous mes doigts, je ne sens rien : il n’est plus là… »
Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », Sylviane Luc (Manche) nous livre cette belle histoire :
« Après le cambriolage des bijoux de la couronne au Louvre, celui de mon collier fantaisie Christian Dior est un peu « dérisoire » en comparaison de sa valeur mais c’est, je pense, une belle histoire !
Pendant l’été 2001, ma fille aînée Céline décroche un stage au musée Christian Dior, dans le cadre de son cursus universitaire d’histoire de l’art. Avec son frère Benoit et sa sœur Marion, ils décident de m’offrir pour Noël, un ras le cou de la marque. Un bijou fantaisie qui, pour leur argent de poche, ne devait pas être de la fantaisie.
Noël 2001, je reçois avec un grand plaisir ce présent qui ne quittera pas mon cou, sauf la nuit. Février 2002, l’opportunité nous emmène tous les cinq à Pékin. Fière de porter ce collier, reflétant la haute couture française dans l’Empire du Milieu, je veille sur ce bijou fantaisie avec une attention presque maladive.
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« Je le recherche pendant presque une semaine »
Dans le vol de retour, instinctivement, je vérifie que le collier est accroché. Poussée d’adrénaline, sous mes doigts, je ne sens rien : il n’est plus là. Discrètement, je regarde sous mon pull, dans mon chemisier, sur mon siège : rien. Je rembobine notre départ, les bagages, la trousse de toilette, tout y passe… Mais pour l’instant, tout est dans la soute de l’avion. Face à mes enfants, je fais comme si tout allait bien.
De retour chez moi dans la Manche, je vide avec frénésie les bagages, les sacs, fais les poches des manteaux, des cadeaux rapportés. J’y passe presque une semaine tout en conservant une attitude de circonstance pour ne pas éveiller une quelconque interrogation chez mes enfants. Mon mari, Christian a déjà lâché l’affaire avec un laconique mais réaliste : « Il est perdu ! »

Le fameux tour de cou perdu par notre lectrice. Sylviane Luc
De nature opiniâtre, je contacte le musée Christian Dior, mais en hiver il est fermé. […] J’appelle donc la maison Dior, avenue Montaigne, à Paris. On me répond qu’ils ne sont pas dépositaires de bijoux fantaisie mais j’obtiens le contact de leur sous-traitant. L’aventure continue, j’appelle, je raconte l’histoire, on me demande une photo du collier ou un descriptif voire un dessin puis de leur envoyer par fax. Je prends mon crayon à papier et ma gomme, je dessine, oui mais pas de fax ! Je vais voir une amie dans son entreprise, demande à sa patronne, OK ça marche, le dessin est envoyé.
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« Mais enfin madame, on vous l’offre ! »
S’ensuit une attente qui me paraît interminable, puis un appel téléphonique : « Nous avons retrouvé votre ras le cou, dans notre boutique à Cannes vous avez la chance c’était le dernier. Nous vous l’envoyons ce jour ! » Ma joie bien sûr est immense et je pose la question : « Je vous dois combien ? » La réponse me saisit : « Mais enfin madame, on vous l’offre ! »
Oups ! J’étais scotchée. Je suis consciente que c’était un bijou fantaisie, pas une rivière de diamants, mais cette attitude commerciale m’a redonné foi en l’humain et à sa bienveillance. Sans doute que mon argumentaire et ma détresse face à la perte de ce bijou ont été convaincants. Un petit paquet est arrivé dans les jours suivants, avec une carte de la directrice commerciale. J’ai vite contacté mes amis Colette et Guy, habitants à Paris, pour offrir un bouquet de fleurs à cette personne. Qu’elle en soit encore remerciée.
Ce n’était pas la chaîne de l’espoir, mais tous ces maillons de compassion, pour la perte d’un bijou fantaisie, m’ont réellement fait chaud au cœur. J’ai été privée de mon collier, seulement quelques semaines. Mes enfants ne connaissent pas cette histoire, ils l’apprendront peut-être en lisant vos colonnes. »
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