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« Ils ont couru dans tous les sens » : au Mans, comment les policiers ont-ils vécu les émeutes ?... |
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Fin juin 2023, lors des émeutes urbaines en réaction à la mort de Nahel, les policiers sarthois avaient été mobilisés durant plusieurs nuits au Mans, à Allonnes et à Coulaines. © Archives Ouest-France
Fin juin et début juillet 2023, lors des émeutes urbaines en réaction à la mort de Nahel, les policiers sarthois avaient été mobilisés durant plusieurs nuits au Mans, à Allonnes et à Coulaines. Ana Berthe, secrétaire départementale du syndicat Alliance Police nationale, revient sur ces événements.
Les émeutes, qui ont touché durant plusieurs nuits Le Mans, Allonnes et Coulaines (Sarthe), avaient particulièrement mis à l’épreuve les policiers sarthois. Six mois après, Ana Berthe, secrétaire départementale du syndicat Alliance Police nationale, majoritaire au commissariat, revient sur ces événements.
Comment la Police nationale a-t-elle perçu ses émeutes, qui ont touché Le Mans, Coulaines et Allonnes ? Y était-elle préparée ?
Nous n’avons pas vraiment été surpris, puisqu’il y avait déjà des émeutes un peu partout en France. On se doutait qu’il y en aurait aussi chez nous.
Les premières nuits ont été agitées, d’autant que nous n’avons pas eu de renforts dans l’immédiat. Mais les collègues sont suffisamment professionnels, ils savent comment intervenir sur ce genre de situations. Par chance, personne chez nous n’a été grièvement blessé [trois blessés en tout N.D.L.R.].
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Certains reprochent à la police de ne pas avoir assez défendu les biens vandalisés. Que leur répondez-vous ?
Lors de la première nuit, les collègues ont couru dans tous les sens. Quand on est moins nombreux, et c’était le cas, la priorité est la protection des personnes. Vient ensuite la préservation des biens et des infrastructures, dans la mesure du possible.
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Cependant, on ne peut pas dire qu’on a laissé brûler La Poste [aux Sablons N.D.L.R], ou qu’on a laissé faire à tel endroit.
Comment les policiers ont-ils réagi après ces événements ?
Dans notre profession, les policiers n’expriment pas beaucoup leurs états d’âme, sûrement pas assez. Si les premières nuits ont été difficiles, ils se sont adaptés. Ils n’ont pas eu le choix.
La vie a vite repris son cours après, chez nous, comme dans les quartiers. Et si ça repart un jour, on s’adaptera à nouveau à la situation.
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