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« Il force le respect » : Robert, 100 ans, un siècle entre mémoire et indépendance... |
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Devant sa maison, Robert Gaignard témoigne de son attachement profond et de son indépendance à toute épreuve. © Le Maine Libre
Robert Gaignard a célébré ses 100 ans, entouré de toute sa famille, le 11 juin 2024 à Bonnétable (Sarthe). C’est dans sa maison, que nous le retrouvons.
Né le 11 juin 1924 à Aulaines, Robert a traversé un siècle d’histoire, marqué par des souvenirs indélébiles.
Une jeunesse marquée par la guerre
Comme beaucoup de sa génération, Robert Gaignard a passé sa jeunesse sous l’occupation allemande.  La classe 44 n’a jamais été mobilisée. Les Allemands, qui avaient le pouvoir d’exécution, nous envoyaient monter la garde le long de la ligne de chemin de fer, armés d’un bâton. Je me souviens de grandes frayeurs avec mon père, évitant les groupes d’Allemands, surtout au moment de la libération de la SartheÂ
raconte-t-il.
Trouver des échappatoires
En cette période sombre, Robert et ses jeunes amis cherchaient des moments de répit.  Des bals cachés étaient organisés près de Torcé. C’était notre échappatoire, une manière de se sentir libre, même si ce n’était que pour quelques heuresÂ
, se remémore-t-il.
Une vie simple et riche de souvenirs
À la fin de la guerre, Robert rencontre Madeleine, ils tombent immédiatement amoureux et se marient le 6 septembre 1945. Dans les années 50, ils s’installent comme agriculteurs à Bonnétable. En 1979, Robert devient garde-chasse au château de Mondragon à La Bosse.  J’ai arpenté le domaine de long en large et je pense que tous ces kilomètres parcourus m’ont maintenu en forme ».
+ Bonnétable. Leur bistrot musical a conquis le public
Le couple a eu trois enfants : Madeleine, Yvette et Michel. À l’heure de la retraite, les Gaignard retournent à Bonnétable pour profiter pleinement de leurs dix petits-enfants, treize arrières et sept arrières, arrière-petits-enfants.
Le décès de Madeleine, il y a trois ans, reste le plus grand drame de la vie de Robert, une douleur toujours vive.
Pas de maison de retraite
 Robert est impressionnant et force le respect, jusqu’à il y a peu, il s’occupait encore de son jardinÂ
, souligne Michel, son voisin. Je suis bien chez moi, j’y ai tous mes souvenirs et mes petites habitudes. Je m’occupe de mes poules, ma fille passe me voir tous les matins, on me livre mes repas et j’ai régulièrement de la visite de ma famille »,
conclut ainsi le centenaire.