|
« I love Peru » : un absurde docu-fiction façon Raphaël Quenard... |
1
"I love Peru" de Raphaël Quenard et Hugo David. © Le Pacte
Après son premier roman « Clamser à Tataouine », Raphaël Quenard nous emmène dans les Andes avec son documentaire parodique « I love Peru », en salles ce mercredi 9 juillet. Un virage humoristique à prendre au troisième degré.
Un appareil photo, deux copains, deux billets d’avion pour le Pérou, un condor de location et 200 heures de rushes réduits à une heure, c’est la recette de I love Peru, concocté par le tandem Raphaël Quenard - Hugo David. Les deux compères se rencontrent sur le plateau de Chien de la casse (2023) : l’un filme les coulisses du tournage, l’autre empoche le César de la meilleure révélation masculine pour son rôle.
I love Peru s’ouvre sur deux amis attablés à un kebab. L’un filme, l’autre refuse de payer l’addition. Pingre, déloyal, opportuniste, le personnage de Raphaël Quenard n’est pas des plus sympathiques, et pour se frayer un chemin dans le monde très étriqué du cinéma, il sait que (presque) tous les coups sont permis. Son fidèle « collègue » Hugo David décide de le suivre, caméra à la main, dans ce long périple jusqu’au succès. Le retour de bâton ne tarde pas à se faire sentir puisqu’il se fait larguer par sa copine et par ses proches. Il se met alors à rêver qu’il est un condor, embarque son pote au Pérou, et part sur les traces du gros oiseau.
Lire aussi : « Superman » : un retour convaincant signé James Gunn
Un humour au troisième degré
Coincé quelque part entre une vidéo YouTube amateur et le documentaire Montre jamais ça à personne (consacré au rappeur Orelsan et filmé par son petit frère), le docu-fiction réalisé avec peu de moyens est en revanche alimenté pas une flopée de caméos cinq étoiles. Au menu : Jean-Pascal Zadi (qui s’en sort le mieux), Anaïde Rozam, François Civil, Gilles Lellouche, Michel Hazanavicius, Jonathan Cohen… Tous incarnent leur propre rôle, en version drôle.
On a le ricanement facile devant l’absurdité globale qui imprègne le film, notamment grâce à l’autodérision injectée dans le personnage de Raphaël Quenard qui permet d’éviter le piège de l’egotrip décomplexé. Si l’on est un aficionado de l’humour potache, c’est une régalade. Dans le cas contraire, le temps paraîtra sûrement un peu long. On regrettera seulement que les blagues les plus drôles aient déjà été révélées dans les multiples bandes-annonces du film.
Sans surprise, l’ingrédient principal du film, c’est Raphaël Quenard lui-même. Devant la caméra, dans le personnage, et derrière le montage, son omniprésence est à double tranchant : le risque de l’overdose n’est pas loin pour les plus réticents.