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« En retard » sur la création de retenues d’eau, la chambre d’agriculture veut faire émerger des projets en Sarthe... |
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Sous l’impulsion de la chambre d’agriculture de la Sarthe, des retenues d’eau pourraient voir le jour d’ici deux à trois ans dans le département. © Joël Le Gall / Archives Ouest-France
Face au besoin croissant en eau en période de sécheresse, la chambre d’agriculture souhaite que des retenues d’eau voient le jour en Sarthe. Dans un format raisonnable et à proximité des secteurs les plus touchés, assure-t-elle.
« Si à excès, on ne peut plus irriguer, ce sont des hectares de pommiers qui ne donneront plus de fruits, des hectares de maïs qui ne seront plus récoltés et des hectares de fourrage qui ne nourriront plus le bétail », alerte Philippe Dutertre. Le président de la chambre d’agriculture l’assure, la question de la ressource en eau pour le secteur est primordiale en Sarthe, département qui fait face tous les ans à des restrictions en raison de la sécheresse. Il en va, dit-il, de la survie des exploitants.
Des agriculteurs « refroidis »
Pour résoudre l’épineux problème, la préfecture « a relancé la chambre » pour faire émerger des projets de retenues d’eau dans le département. Cette dernière prend désormais le sujet à bras-le-corps.
La Sarthe accuse « un retard » en la matière, avance Philippe Duterte. « Il y a quelques années des projets avaient été déposés et ils ont été retoqués. Depuis, la réglementation s’est assouplie, mais certains agriculteurs ont été refroidis. Y compris par ce qui se passe ailleurs. Ils n’ont pas envie de s’exposer à cette incompréhension du besoin en eau. »
En sous-texte, les exploitants veulent éviter tout conflit avec les militants anti-bassines. Une opposition qui a conduit aux affrontements de Sainte-Soline ou plus, récemment, à la dégradation d’une retenue d’eau de 900 000 m³ en Vendée. « Cela fait partie des choses qui font reculer les agriculteurs mais il faut travailler sur l’eau et sur son stockage. » Philippe Dutertre n’en démord pas.
« Pas de grande réserve d’eau »
En Sarthe, il mise « plutôt sur des retenues d’eau collinaires » qui récupèrent la ressource par ruissellement. En « fonction des besoins », des retenues « connectées au réseau hydraulique en dehors de la période d’étiage » pourraient aussi s’imposer. « L’idée n’est pas de faire de grande réserve d’eau, promet-il. Le volume de substitution serait entre 30 000 et 60 000 m3. » Soit entre huit et seize piscines olympiques de trois mètres de profondeur.
Des secteurs « qui manquent d’eau couramment » ont déjà été identifiés. Il s’agit du bassin de l’Argance, qui comprend une vingtaine d’irrigants autour de La Flèche et le bassin de la Bienne, dans le nord de la Sarthe. « Nous allons aller chercher des projets dans ces zones-là , en entamant une réflexion collective avec les agriculteurs, les collectivités, les pompiers… », détaille Philippe Duterte. Qui prévient qu’aucune installation ne verra le jour avant deux ou trois ans, le temps « d’écrire le business plan, aller chercher des subventions » ou encore « de réaliser les études écologiques ».