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« C’est un renouvellement constant » : comment entretient-on l’Arche de la Nature ?... |
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Clément Le Moine, gestionnaire des espaces naturels, au milieu des jeunes arbres et des vieux troncs qui forment l’équilibre vivant de la forêt. © Ouest-France
Une équipe de six agents œuvre en coulisses pour entretenir, protéger et faire vivre plus de 500 hectares de forêt à l’Arche de la nature, aux portes du Mans (Sarthe). Équilibrer jeunes pousses et vieux troncs, préserver la biodiversité tout en assurant la sécurité des visiteurs demande une gestion minutieuse.
Que ce soit un enfant qui saute dans les flaques d’eau ou deux amoureux qui flânent dans les sentiers, les chemins d’une forêt ont vu des histoires se faire et se défaire. Pourtant, combien se questionnent sur l’envers du décor de ces immenses espaces verts ? À l’Arche de la nature près du Mans, Clément Le Moine, gestionnaire des espaces naturels, décrit le cycle de la vie d’une forêt.
Les visiteurs voient surtout la beauté et la quiétude des sentiers. Mais en coulisses, comment s’organise la gestion de cette forêt ?
Elle se fait avec une vision d’ensemble et avec plusieurs objectifs. Le principal, c’est paysager : on veut garantir qu’il y ait un couvert d’arbres continu. C’est un renouvellement constant. Il faut imaginer que la forêt est cyclique : il y a les jeunes arbres, ceux en pleine croissance et les plus vieux. On doit équilibrer tout ça.
Concrètement, quelles sont vos actions pour maintenir cet équilibre ?
Ça passe par des interventions régulières. On fait parfois des tailles ou des élagages, surtout pour la sécurité du public. Il arrive aussi qu’on doive couper certains arbres pour laisser de la place aux autres.
Pourquoi enlever certains arbres ?
Au départ, les jeunes arbres poussent très serrés, parfois trop, ce qui nuit à leur développement. En réduisant leur nombre, on permet à ceux qui restent de mieux grandir, d’avoir plus de lumière et de place, c’est ce qu’on appelle des coupes d’éclaircies. Nous assurons aussi des dégagements pour enlever les fougères et les ronces. Lorsqu’ils atteignent un certain diamètre et une certaine taille nous pouvons faire des réductions de densité pour éviter qu’ils deviennent invasifs. Il faut aussi parfois faire des coupes de régénération pour leur permettre de faire de nouvelles semences.
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Et que deviennent les arbres coupés ?
Rien ne se perd ! Le bois est vendu, il peut servir de bois d’œuvre, de chauffage ou de charpente. C’est aussi une façon de valoriser cette gestion durable. Le bois mort quant à lui est une ressource précieuse pour de nombreuses espèces : il sert de refuge aux insectes, de cavités pour les pics, et même d’abris pour les chauves-souris.
Comment décidez-vous des opérations à mener ?
On travaille en partenariat avec l’Office national des forêts (ONF). Ensemble, on définit les interventions nécessaires : coupes, semis, éclaircies… L’objectif est de conserver des arbres d’âges variés et des essences diversifiées.