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« C’est moins cher que d’aménager des routes » : développer des réseaux cyclables, un enjeu des municipales... |
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Entre Rennes et Noyal-Chatillon-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine), il est possible de rouler en toute sécurité. © THOMAS BREGARDIS / OUEST FRANCE
À 39 jours des élections locales, la Fédération des usagères et usagers de la bicyclette (Fub) met la pression sur les candidats. Objectif ? Que les « Réseaux express vélo » voient enfin le jour dans les grandes agglomérations, entre la ville centre et les communes voisines.
De « Rev », ils en rêvent et le disent. À trente-neuf jours du premier tour du scrutin municipal (le 15 mars), les membres de la Fédération des usagères et usagers de la bicyclette (Fub), aidés du Fonds mondial pour la nature (WWWF), incitent les candidats à inscrire dans leur programme la réalisation de « Réseaux express vélo ». Une idée, venue du Nord de l’Europe, dont l’objectif est d’offrir aux habitants des métropoles des itinéraires vélo reliant la ville centre aux communes de la périphérie, à dix ou quinze kilomètres.
Aménagées dans les trente premières agglomérations, ces « Rev » permettraient de desservir 21 millions de Français, sur des itinéraires propres et sécurisés ; « de désenclaver des ménages sans solution de transport performante, notamment les plus précaires » ; de réduire « significativement » le trafic automobile domicile-travail… Problème, et de taille : ces aménagements sont loin de voir le jour. D’où ce coup de pression appuyé des deux collectifs aux élus locaux et à celles et ceux ayant la volonté de le devenir.
« Un kilomètre coûte 750 000 € »
À ce jour, la moitié des grandes agglomérations sont réellement engagées dans une démarche de « Rev », mais aucune ne l’a encore terminé. Strasbourg (Bas-Rhin) a été pionnière en 2013, avant Grenoble (Isère), Lyon (Rhône) et Tours (Indre-et-Loire). Paris, Rennes (Ille-et-Vilaine), Nantes (Loire-Atlantique), Le Mans (Sarthe), Rouen (Seine-Maritime), Lille (Nord), Bordeaux (Gironde), Toulouse (Haute-Garonne), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Montpellier (Hérault) et Perpignan (Pyrénées-Orientales) leur ont, ensuite, emboîté le pas.
Comment expliquer un tel retard ? Un manque de volonté politique ? Un problème budgétaire ? « Un kilomètre de « Rev » coûte 750 000 €. Soit 150 millions d’investissement pour 200 kilomètres, explique Axel Lambert, chargé de plaidoyer à la Fub. C’est bien moins cher que de construire des routes. Pour que les automobilistes d’aujourd’hui deviennent les cyclistes de demain, il faut des aménagements confortables, directs et repérables, à l’abri des véhicules ».
« Le plan vélo a été raboté »
En ces temps budgétaires complexes, la Fédération des usagères et usagers de la bicyclette a conscience que les collectivités locales (communes et intercommunalités) ne peuvent pas forcément faire face seules à ce défi du deux-roues. Elle en appelle donc à l’État et lui susurre à l’oreille ses promesses - faites à l’époque par la Première ministre Élisabeth Borne - : offrir au pays un plan vélo digne de ce nom… moyennant un gros coup de pouce de deux milliards d’euros d’ici à 2027.
« Depuis, ce plan vélo a été raboté. Le deux-roues a été relégué au second plan, alors qu’il génère des bénéfices sanitaires, sociaux et économiques durables », déplore la Fub. Selon ses adhérents, chaque kilomètre parcouru à vélo est un remède à la sédentarité, « qui coûte près de 17 milliards par an au pays ». La Fédération des usagères et usagers de la bicyclette invite le gouvernement et les élus locaux à avoir ces données en tête… et à faire de ces « Rev » une réalité.