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« C’est la première fois en 22 ans » : agressé au Mans, le conducteur de bus témoigne... |
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Les bus de la Stao-Transdev, ici à la gare du Mans, réalisent des trajets interurbains à travers toute la Sarthe. © Ouest-France
Violenté par un livreur, lundi 10 mars 2025 en centre-ville du Mans (Sarthe), le conducteur de bus était présent au tribunal, ce mercredi 12 mars 2025, pour le jugement, et la condamnation, de son agresseur. Il s’est confié à Ouest-France.
Il s’est relevé le nez en sang, ecchymoses et abrasions sur le corps. Agressé à l’intérieur même de son bus et sur le trottoir, lundi 10 mars 2025 en centre-ville du Mans (Sarthe), le conducteur s’est montré peu loquace à la barre du tribunal correctionnel, ce mercredi 12 mars 2025. « Mon épouse et ma fille ont peur que je fasse l’objet de représailles », s’est-il contenté de déclarer. Dans le box des prévenus, le livreur de 27 ans qui s’en est pris à lui. Il est condamné à  passer cinq mois sous bracelet électronique.
En aparté, l’homme de 58 ans, qui préfère rester anonyme, se souvient : « l’utilitaire a déboîté devant moi, j’ai dû me déporter sur la gauche. » Sur le ton d’une excuse, il indique : « J’ai klaxonné, par réflexe. » Projeté sur le trottoir, sur le dos, il reconnaît avoir tenu son agresseur par le tee-shirt. « Je ne voulais pas qu’il s’en aille. Des passants sont intervenus, je l’ai lâché. Et quand il est reparti, nous avons relevé sa plaque. »
« On a toujours peur que ça arrive »
Le conducteur confie : « En 22 ans de métier, ça ne m’était jamais arrivé. » Le médecin, qui a décelé un stress post-traumatique en plus des lésions, lui a prescrit un jour d’interruption de travail. « J’ai un peu chamboulé le planning des collègues… Mais j’ai repris le boulot aussitôt. »
L’intersyndicale (FO, CGT, CFDT) a condamné ces violences et rappelé « la nécessité d’un renforcement des mesures de sécurité pour protéger les agents et garantir des conditions de travail sereines ».
Les agressions dans le bus, « on a toujours peur que ça arrive, avec les passagers qui sont énervés ou alcoolisés, témoigne le conducteur agressé. Les incivilités, comme les insultes, sont devenues notre lot quotidien. »
La Stao-Transdev réalise des trajets interurbains dans toute la Sarthe. Elle compte un peu plus de 300 conducteurs, pour une flotte de 280 bus.Â