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Beillé. Avec un printemps tardif, les apiculteurs et abeilles entrent dans une période clé... |
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Emmanuel Gaceus est éducateur environnement, salarié de l’association Grain de pollen à Beillé. © Le Maine Libre
Le début du printemps est toujours une période charnière dans les ruches : c’est l’occasion pour les apiculteurs de recenser leurs colonies avant que ne commence la production de miel.
La visite de printemps est un rendez-vous immanquable pour Emmanuel Gaceus, éducateur environnement pour l’association Grain de pollen à Beillé et apiculteur amateur. À la sortie de l’hiver, on va nettoyer le plancher des ruches, regarder si nos reines sont encore en vie et si elles peuvent pondre
, raconte-t-il.
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L’occasion aussi pour lui d’y faire un recensement de population. Cette année (2021), sur ses quatre ruches, une seule était encore habitée au moment de sa visite : Il n’y avait aucune abeille morte dedans, elles étaient totalement vides ».
Où sont passés les insectes ? On ne peut pas savoir. L’utilisation des pesticides est interdite quand les plantes sont en fleurs mais même quand elles ne le sont pas, les abeilles sortent et peuvent y aller pour boire.
Une hypothèse comme il en existe d’autres : De toute façon, c’est forcément multifactoriel. Et même si on retrouvait des abeilles mortes, les analyses pour savoir coûtent très cher ».
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Un printemps tardif
Tous les ans, le début du printemps est un moment crucial pour les abeilles et les apiculteurs. Les insectes se nourrissent de leur réserve de miel tout l’hiver et peuvent arriver à sec avant les beaux jours et le début de la nouvelle production. Cette année, on a un printemps tardif,
explique l’éducateur. La végétation ici a énormément de retard et s’il n’y a pas de fleurs à butiner, il n’y a pas de nectar à transformer en miel.
Les apiculteurs peuvent donc le substituer par des pains de sucre, déposés dans les ruches, pour que les abeilles puissent se nourrir.
Mais sans fleurs, pas de pollen non plus. La reine des abeilles recommence normalement à pondre à cette période et les larves se développent en mangeant le pollen. S’il n’y a pas de rentrée de pollen, la reine ne va pas pondre
et ne repeuplera pas sa colonie. En pleine saison, une ruche accueille jusqu’à 50 000 abeilles mais elles ne sont plus que 5 000 avant l’hiver.
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Protéger les abeilles sauvages
L’apiculteur travaille en observant attentivement la nature et ses cycles et en s’y adaptant. Tout est conditionné par l’environnement autour des ruches,
précise Emmanuel Gaceus. C’est pour ça qu’il faut développer son regard et son esprit critique. Aujourd’hui, beaucoup de personnes veulent avoir des abeilles, mais il faut être sûr d’avoir du temps et de vouloir s’en occuper.
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Pour lui, pas forcément besoin d’avoir des ruches pour aider ces insectes. Les abeilles sauvages solitaires sont plus nombreuses que celles de nos ruches et assurent le travail de pollinisation. Ce sont elles qui sont le plus en danger et qu’il faut sauver.
Pour les épauler, plusieurs astuces de spécialiste : ne pas reboucher les petits trous des façades des maisons pour qu’elles s’y nichent, installer une jachère fleurie dans son jardin pour leur permettre d’y déposer leurs œufs et bien sûr ne pas utiliser de pesticides dans son jardin et éviter au maximum la bouillie bordelaise
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