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Vidéo. Troisième des 24 heures du Mans en 2020, Julien Canal se confie aux lecteurs du Maine Libre... |
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Julien Canal était l’invité du Maine Libre. © archives Photo Jean Michel Le Meur / DPPI
Le Maine Libre organisait, ce lundi 21 décembre 2020, une rencontre à distance entre trois lecteurs et le pilote automobile Manceau Julien Canal, qui a notamment terminé sur le podium de la dernière édition des 24 heures du Mans.
Le pilote automobile Manceau Julien Canal, troisième des 24 heures du Mans cette année dans la catégorie LMP2, était l’invité du Maine Libre ce lundi 21 décembre 2020. Face à lui, trois lecteurs du journal : Jean-Claude, Bruno et Martine, ainsi que notre journaliste spécialiste de l’automobile Bruno Palmet.
Organisée sur l’application Teams, Covid-19 oblige, la e-rencontre qui a duré une petite heure, a permis au pilote de 38 ans de se confier sur sa carrière et notamment sur les 24 heures du Mans, épreuve qu’il a remportée à trois reprises (2010,2011 et 2012).
En 2020, il était « vital » que les 24 heures du Mans se tiennent
La dernière édition, chamboulée par l’épidémie de Covid-19, s’est tenue à huis clos et a été décalée de trois mois. Au lieu de se tenir en juin, la course a été reportée en septembre. « Même si le public nous a manqué, c’était vital que la course se tienne. Sans cela, il y aurait eu beaucoup de pertes et de fracas pour beaucoup d’équipes », insiste Julien Canal.
D’autant que la compétition s’est plutôt bien déroulée pour ce dernier, avec un podium à la clé. Un résultat qu’il a « adoré ». « C’est une consécration pour toute l’équipe, il y avait beaucoup d’émotion et de larmes. »
Une édition « plus triste » sans public…
Mais sans public, forcément, la 3e place avait un goût un peu amer. « Lors de mes victoires, il y avait des dizaines de milliers de gens qui envahissaient la ligne droite. Là , on était sur le podium devant 100/150 personnes, c’est un peu triste en comparaison avec la folie habituelle. J’ai quand même pris plein de selfies et de souvenirs cette année ! Et puis cela nous motive à remonter sur le podium, avec cette fois plein de gens pour nous applaudir ! »
… mais une édition moins stressante
Répondant à une question de Martine, le pilote Manceau a en revanche concédé que le huis-clos a facilité la course des participants. « Il y a eu un peu moins de stress et de perte d’énergie, car on n’a pas eu besoin de traverser la foule de fans pour rejoindre l’endroit où on dort et on mange. Chaque année, quand il y a du public, on doit courir pour ne pas perdre trop de temps à faire des photos avec les fans. »
Concernant la gestion du stress en course, justement, Julien Canal a avoué qu’il ne reste jamais dans les stands quand il ne conduit pas. Il préfère « filer dans le camion » de son équipe pour se coucher. « J’enfile un casque, j’écoute de la musique. C’est du repos forcé, pour me détendre. »
Running et nourriture, les clés de la préparation pendant deux mois
Préparer les 24 heures du Mans, c’est quelque chose qui s’anticipe deux mois à l’avance. « Je fais trois séances de running de 1h30 à 2 heures par semaine. Avec mon coach, on travaille surtout le gainage et le renforcement des muscles, avec des pompes et des parcours spécifiques. Pour participer à la course, il faut être typé un peu comme un triathlète, être très gainé. Le physique est déterminant. »
Le poids est également un aspect primordial pour un pilote. D’autant plus pour Julien Canal, sportif de 1m81 et de 78 kg, qui pèse « 10 à 12 kg » de plus que ses coéquipiers. « Sur un circuit comme Le Mans, cela fait perdre 6 à 7 dixièmes par tour. » Pour gérer cette problématique, la nourriture prend une place importante dans la préparation. « Il ne faut pas manger trop d’acide ni de viande rouge, mais plutôt privilégier la viande blanche, le poisson et les crudités. L’important, c’est de s’alimenter à petites doses. »
Les 24 heures du Mans se jouent sur des détails, selon Julien Canal. « Au petit matin, surtout, on commence à compter les points. C’est le moment où il y a moins de concurrents qu’au départ, les amateurs et semi-amateurs ayant déjà le clignotant à gauche. À ce moment-là , il y a plus d’embûches sur la route, les pilotes commencent à perdre en lucidité et ont plus de pression à l’approche de l’arrivée. Jusqu’au bout, il faut rester ultra-concentré. Le Mans, ça se joué au millimètre près. Jusqu’à la dernière minute, il ne faut rien lâcher. »
Hamilton, ce « rêve fou »
Un rêve « un peu fou », sinon, Julien Canal ? « Conduire dans le même équipage que Lewis Hamilton, ce serait exceptionnel ! ( septuple champion du monde de Formule 1, NDLR) » Le Sarthois aimerait aussi un jour conduire à Monaco, avec une Porsche, ou sur le circuit américain de Daytona.
> > > Le Maine Libre organisera bientôt d’autres e-rencontres similaires, par le biais de Teams. Pour en savoir plus, rendez-vous sur laplace.