|
Top 14. « On n’est pas le Petit Poucet » : Toulouse - Bayonne, un choc pas si déséquilibré ?... |
1
Le Toulousain Jack Willis et le Bayonnais Arthur Itturia lors de la rencontre de Top 14 le 22 février 2025 au stade Ernest-Wallon. © Nathan Barange / DPPI via AFP
Opposés en demi-finale du Top 14 ce vendredi 20 juin 2025, le Stade Toulousain et l’Aviron bayonnais s’affrontent avec la même envie de gagner, mais n’aborde pas la rencontre de la même manière. L’ogre toulousain a toujours soif de plus de titres, quand les Bayonnais, en plein rêve, peuvent créer un nouvel exploit.
Tenant du titre et leader incontesté de la saison de Top 14, le Stade Toulousain veut chasser les doutes qui l’entourent et surtout le spectre d’une saison blanche ce vendredi en demi-finale à Lyon, face à des Bayonnais qui n’ont rien à perdre.
Depuis le coup de massue asséné par l’UBB à Bordeaux le 4 mai en demi-finale de Champions Cup (35-18), les Rouge et Noir voient le temps jusqu’à leur prochain rendez-vous d’envergure s’étirer. Et ils ruminent, frustrés d’avoir laissé filer une couronne sur laquelle ils avaient mis la main la saison précédente.
La « colère » a longtemps prédominé au sein du staff et de l’effectif, touché dans son ego après une saison 2023-24 parfaite, ponctuée de deux titres. Et au moment de digérer la déception et se projeter vers le lointain dernier carré, la réaction des Toulousains n’a pas été à la hauteur selon le manager Ugo Mola, mécontent des prestations qui ont suivi le revers en Gironde.
Toulouse et le mauvais souvenir de 2022
L’orgueil a certes parlé au Vélodrome face à Toulon (50-16) mais les rechutes n’ont pas tardé, à domicile contre le Racing (37-35) et à Perpignan (42-35), lors de matches délicats à aborder : l’enjeu comptable était nul lors de ces dernières journées, Toulouse étant assuré de terminer à la première place.
Un jeu moins fluide, des connexions moins évidentes, des attitudes moins tranchantes et un mois et demi entre deux eaux : il n’en fallait pas plus pour raviver dans les mémoires toulousaines le souvenir de 2022, lorsque les Haut-Garonnais avaient chuté aux portes des finales de Champions Cup, battus par le Leinster, et du Top 14, vaincus par Castres. « 2022, ça a été une année difficile, on fait deux demi-finales quand même, il y en a qui s’en contenteraient, mais c’est vrai que ça n’a pas été une très bonne saison pour nous », soulignait l’entraîneur des trois-quarts Clément Poitrenaud fin mars.
« On sait que pour gagner des matchs de phase finale, tu as beau faire le jeu offensif le plus beau, le plus excitant possible, si tu n’as pas une défense de fer, tu ne gagnes pas ces matchs » a détaillé l’arrière Thomas Ramos, pour qui Toulouse « n’est pas dans le doute. »
Au moment d’affronter l’Aviron Bayonnais, quatrième de la saison régulière, en demi-finale, la pression est bien sur les épaules toulousaines, amoindries par la cascade de blessures qui s’est abattue sur le club durant le printemps.
Après Antoine Dupont en mars et Peato Mauvaka début mai, victimes d’une rupture des ligaments croisés d’un genou, Toulouse doit composer sans le trois-quarts polyvalent Ange Capuozzo (fracture du péroné) et le centre Paul Costes (genou). Au rayon des rares bonnes nouvelles, le retour de l’Écossais Blair Kinghorn, blessé juste avant la demi-finale de Champions Cup et opérationnel.
Les tuiles n’ont cependant pas non plus épargné les Basques, de retour en demi-finale du championnat… 40 ans après leur dernière apparition à ce niveau. L’euphorie consécutive à la qualification décrochée sous le déluge bayonnais contre Clermont a été quelque peu douchée par les forfaits annoncés du deuxième ligne Baptiste Chouzenoux, du centre anglais Manu Tuilagi et de l’arrière Cheikh Tiberghien.
Lire aussi : Matches, compos, chaîne TV, horaires… Tout savoir des demi-finales de Top 14
Bayonne toujours sur son nuage
En effet, Bayonne « a eu du mal à redescendre » après les émotions de sa victoire en barrage la semaine dernière, a déclaré le capitaine de l’Aviron Arthur Iturria ce jeudi en conférence de presse.
« On a vécu des émotions de dingue la semaine dernière, des moments de communion assez extraordinaires » a déclaré le deuxième ligne à propos du barrage remporté à domicile contre Clermont (20-3), reconnaissant qu’il était « compliqué de redescendre » après les scènes de liesse au stade Jean-Dauger. « Je trouve que lundi on était un peu sur un nuage encore », estime le capitaine du club basque, avant d’affronter le double champion en titre toulousain. « On vit des choses qu’on n’a pas l’habitude de vivre. Ce sont des moments uniques dans une vie de sportif ».
Lire aussi : Top 14. Comment l’Aviron Bayonnais est devenu une nouvelle place forte du rugby français ?
« Il a fallu se reconcentrer sur le travail » a abondé l’entraîneur bayonnais Grégory Patat, qui jugent que les deux jours de travail de son groupe « n’ont pas été excellents ». « Je veux un beau visage de l’Aviron, un visage qui ose, qui se lâche, fidèle à lui-même » a espéré Patat. « On a changé de statut » assure de son côté Iturria. « On ne peut pas dire qu’on est le Petit Poucet ».
L’Aviron aurait pourtant bien besoin de toutes ses armes pour contenir l’armada et la force de l’habitude toulousaines. « Si on regarde les palmarès de chacun, le combat est déséquilibré. On connaît leur savoir-faire, leur esprit de compétiteurs, ils vont vouloir nous remettre à notre place », a estimé le coach bayonnais