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Stade Rennais. Pour Habib Beye, la défaite à Lens a des airs de crépuscule... |
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Habib Beye, le coach du Stade Rennais, est en situation précaire. © Vincent Michel / Ouest-France
La quatrième défaite consécutive du Stade Rennais, concédée ce samedi 7 février à Lens (3-1), a empiré la situation déjà très incertaine autour de son entraîneur. Le SRFC devrait trancher dans les prochaines heures ou d’ici lundi 9 février l’avenir d’Habib Beye, dont l’entourage avait discuté avec le club cette semaine des conditions financières potentielles de sortie. La voie apparaît sans issue.
La défaite à Lens pourrait précipiter la chute d’Habib Beye. Depuis celle à Marseille mercredi dernier, qui a été très mal vécue en interne et avait ressuscité d’importants remous, c’est comme si le mauvais film avait recommencé au Stade Rennais. Selon un schéma ayant quelques points communs avec celui de fin octobre, quand le coach et ses adjoints avaient été à deux doigts de prendre la porte.
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À Bollaert, Beye a assuré qu’il était combatif pour continuer, alors que dans la semaine, le message diffusé autour de lui semblait indiquer le sentiment d’être arrivé au bout. L’entourage de l’entraîneur a sondé le club après Marseille pour discuter des conditions financières éventuelles de sortie. Mais le propos tenu par Beye ce samedi soir confirme qu’il ne souhaiterait pas démissionner.
Un accord financier à trouver ?
Jusqu’à ce samedi, du côté des décideurs bretons, il ne semblait pas question de payer à Beye ses seize mois de contrat restant, que ses conseils comptabiliseraient en incluant l’année optionnelle (jusqu’en 2027) en cas de qualification européenne en mai. En pareille situation de litige, une négociation peut être courante.
Il n’y aurait toutefois pas eu de demandes extravagantes liées notamment à des primes sur les ventes de Meité et Jacquet, comme certaines sphères d’influence l’ont suggéré, via quelques canaux médiatiques, ce qui laisse songeur sur la manière dont l’entreprise de décrédibilisation peut fonctionner.
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La défaite à Lens, susceptible d’exclure Rennes du top 6 européen, va inciter la direction à se réunir de nouveau avec le coach, à discuter et à s’accorder sur une décision qui comme toujours, sera validée par l’actionnaire in fine. Dans les prochaines heures, ou d’ici ce lundi a priori.
Dans le contexte actuel, la voie apparaît sans issue. Si Beye était mis à pied, un intérim en interne, avec Sébastien Tambouret, ne serait pas à exclure pour la réception du Paris SG vendredi 13 février.
À Lens, Habib Beye avait écarté son vice-capitaine Brice Samba, parce que ce dernier a eu une réaction jugée inadéquate à Marseille. Sauf que pour Silistrie, la marche est apparue trop haute à Bollaert.
Difficile gestion des cadres, communication en question
Sa gestion managériale des cadres, dont certains possèdent aussi des conseils puissants dans le milieu du foot, a souvent été difficile. Elle a contribué à le fragiliser dans un vestiaire partagé sur sa méthodologie, selon la nature notamment des temps de jeu : rien de révolutionnaire à ce niveau.
Beye a quêté des solutions qu’il n’a pas trouvé ces derniers temps, avec des choix perdants dans une équipe qui affiche aussi ses limites intrinsèques et peine à réagir. Sa communication a crispé en interne, surtout quand il avait vanté son propre rôle dans la valorisation de Jacquet et Meité, en oubliant de citer celui des autres secteurs du club.
On avait déjà écrit fin octobre que cette histoire risquait de mal finir. Depuis deux ans, le Stade Rennais ne parvient plus à ressortir gagnant, en tant qu’institution, de mauvais feuilletons à l’enfilade. Quand retrouvera-t-il enfin un peu de calme, de stabilité, un alignement dans ses différentes strates et une direction lisible pour tous ?