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SailGP. Après le violent accident en Nouvelle-Zélande, les Français forfait pour Sydney, Audinet toujours à l’hôpital... |
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Vue aérienne après l’accident entre les bateaux français et néo-zélandais, samedi 14 février à Auckland. © Simon Bruty for SailGP
Le Grand Prix d’Auckland (Nouvelle-Zélande), deuxième étape de la saison 2026 de SailGP, a été marqué samedi 14 février par le très violent accident entre le bateau français et les Néo-Zélandais. La navigatrice tricolore Manon Audinet (34 ans) souffre toujours de plusieurs contusions au niveau de la région abdominale, et reste à l’hôpital. L’équipe française, elle, ne pourra pas participer au Grand Prix de Sydney, dans dix jours. Elle vise un retour mi-avril, pour le GP de Rio, au Brésil.
Ce qu’il s’est passé n’est pas anodin. C’est comme un accident de voiture.
Trois jours après le violent crash entre les bateaux français et néo-zélandais lors de la deuxième étape du circuit SailGP en Nouvelle-Zélande, l’équipe tricolore est toujours secouée par ce qu’elle vient de vivre. Dans la baie d’Auckland, samedi 14 février, les deux F50 sont entrés en collision après la perte de contrôle de l’équipage néo-zélandais - qui a été sanctionné de huit points de pénalité.
La navigatrice Manon Audinet (34 ans), blessée dans l’accident, est toujours hospitalisée sur place et présente plusieurs contusions au niveau de la région abdominale, sans gravité majeure
selon DS Automobiles SailGP Team France. Le reste de l’équipage, marqué, va bénéficier d’une cellule psychologique, pour pouvoir passer à autre chose, être sûr qu’il ne reste pas de séquelles mentales
, explique le team manager Philippe Presti.
Je touche du bois, mais j’ai rarement été touché par ce genre de post-traumatisme,
raconte le pilote tricolore Quentin Delapierre, victime d’un accident à l’entraînement l’été dernier. Ce qui continue de m’animer, c’est la performance et le fait de retourner sur l’eau. À Auckland samedi, le crash était plus violent. Ma seule inquiétude était de savoir si les athlètes étaient en sécurité, et s’il n’y avait pas de problème plus grave que ce qu’on a pu voir au premier plan.
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Le bateau français très endommagé
Mais même s’ils se sentent déjà prêts à repartir, le Vannetais et ses équipiers ne pourront pas le faire avant au moins mi-avril, lors du GP de Rio, au Brésil. Leur bateau est trop endommagé pour espérer participer au GP de Sydney, les 28 février et 1er mars. Le bateau est cassé, la coque bâbord n’est plus franchement utilisable, précise Philippe Presti. Le foil également… SailGP prend en charge les réparations et doit mettre en œuvre tout ce qui est en sa capacité pour pouvoir fournir un bateau aux franchises. Mais aujourd’hui, entre les moyens de réparation qu’il y a en Nouvelle-Zélande et là où on construit les bateaux à Southampton, le plus tôt sera le GP de Rio.
La France, qui pointe à la troisième place du classement général malgré son forfait lors de la dernière journée du GP d’Auckland, devrait, du fait de son absence de responsabilité dans la collision, également bénéficier de compensations en points, au classement.

La coque bâbord et le foil du bateau français ont été très endommagés lors de l’accident. James Gourley for SailGP
« On a fait le choix du spectacle, c’était peut-être un peu extrême »
Depuis l’accident, des questions de sécurité ont fait surface, alors que jamais la flotte n’avait connu un accident si violent. À sa création il y a six ans, le circuit SailGP comptait six bateaux - dont les Français, déjà. Aujourd’hui, treize équipages se battent, à des vitesse élevées sur les plans d’eau du monde, à quelques dizaines de mètres du rivage et des spectateurs.
Je pense que les règles vont évoluer, parce que personne ne souhaite ça
(l’accident de samedi), affirme Stephan Kandler, fondateur et K-Challenge et propriétaire de l’équipe de France de SailGP. Tout en gardant la force du circuit : avoir du public à terre qui regarde les régates. Mais il y a sûrement des choses à améliorer. La réalité, c’est qu’on a fait le choix du spectacle. C’était peut-être un peu extrême. Tout le monde va réfléchir à ce qui s’est passé. Il faut trouver le bon compromis.