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Running. PPS payant en 2026 : l’association France Outdoor se mêle au combat et dénonce « une aberration »... |
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L’association France Outdoor déplore l’absence de concertation de la part de la Fédération française d’athlétisme, à l’élaboration du plan fédéral pour le running hors stade. © Bruno Bouvry
La pilule a décidément du mal à passer dans le milieu du running. Depuis vendredi 14 novembre et l’annonce du plan fédéral de la Fédération française d’athlétisme (FFA), qui rendra notamment en 2026 le Parcours prévention santé (PPS) payant, la grogne ne cesse de monter et chacun y va de son grain de sel. L’association France Outdoor, qui fédère près de 200 acteurs de l’événementiel sportif outdoor, dénonce une absence de concertation. Et craint des mesures dissuasives.
Ce n’est sans doute pas près de s’arrêter. Depuis les annonces de la Fédération française d’athlétisme (FFA), les parties prenantes sont nombreuses à se saisir de l’affaire. Le plan fédéral pour le running hors stade, présenté en septembre par l’instance dirigeante et réaffirmé vendredi 14 novembre à travers entre autres la tarification du Parcours prévention santé (PPS), n’est que très peu apprécié par les acteurs sur le terrain. Bon nombre de pratiquants se plaignent de devoir payer (5€ à partir de 2026) pour accéder à ce « passeport » médical, indispensable depuis 2022 pour prendre le départ d’une course.
Si la présidente de la Fédération, Emmanuelle Jaeger, défend auprès de Ouest-France  « une mission de service public pour assurer la pratique sécurisée de l’activité et appliquer des conseils de santé », les organisateurs de course ne l’entendent pas de cette oreille. Plusieurs d’entre eux déplorent « une taxe supplémentaire » et se questionnent sur la méthode employée par la FFA.
« Une aberration et un manque de respect »
C’est aussi le cas de France Outdoor, association qui fédère près de 200 acteurs de l’événementiel sportif outdoor, dont des mastodontes comme l’UTMB Group, OC Sport ou encore Ironman. Elle a pris connaissance « avec stupéfaction » du plan fédéral mis en place par la Fédération, esquivant toute concertation avec ses membres. Et avance ses arguments : « Le succès croissant de la pratique en compétition, à tous les niveaux, tient beaucoup au dynamisme et à l’engagement des organisateurs d’événements, lit-on dans son communiqué. Qu’ils soient associatifs ou de droit privé, quel que soit le nombre de dossards qu’ils délivrent […] Dès lors, concevoir sans concertation avec eux un « plan » pour le développement de cette pratique apparaît comme une aberration, et un manque de respect pour celles et ceux qui ont ainsi été écartés de l’élaboration d’un « plan » pour un secteur d’activité dont ils sont grandement partie prenante. »
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Dans un second temps, France Outdoor, qui organise aussi des courses comme les Templiers, l’Ultramarin, le Marathon du Mont Blanc ou les Grands Raids du Finistère et des Pyrénées, s’attarde sur la décision de rendre payant le Parcours prévention santé, qui changera de nom en 2026 pour se faire appeler Pass prévention santé. « Les organisateurs de « petits » événements, où le prix du dossard est peu élevé et que fréquentent de nombreux participants occasionnels, sont fondés à craindre que l’obligation de présenter un PPS, jusqu’ici gratuit et coûtant demain cinq euros, n’ait un effet dissuasif et donc une influence négative sur la participation, facteur clé de leur succès. » Ainsi se conclut le communiqué de l’association : « C’est avec les organisateurs de ces événements, des plus grands aux plus petits, et pas dans leur dos, que le développement de ce bel univers vertueux doit être poursuivi. »