|
Moto. Sylvain Guintoli (SERT) : « Tout le monde va chercher très loin »... |
5
Sylvain Guintoli, vainqueur au Mans et au Bol d’Or, a réalisé d’excellents débuts en Endurance. © Arnaud Despelchain
Championnat du monde d’Endurance. 6 Heures de Most, 11 h, samedi. Auteur de deux victoires sur les courses de 24 Heures, avec Black et Siméon, Sylvain Guintoli revient sur son début de saison réussi avec le SERT.
Ce week-end, à Most (République Tchèque), le SERT va se battre pour le titre mondial. Sylvain Guintoli, le rookie de l’équipage formé avec Black et Siméon, vainqueur des deux courses de 24 Heures, cette saison, fait un premier bilan, avant de passer aux choses sérieuses, en piste.
À l’aube de la dernière course de la saison à Most, vous êtes en lice pour le titre mondial, après avoir remporté les deux courses de 24 Heures. Vous attendiez-vous à être aussi « à l’aise », pour vos débuts en Endurance ?
À l’aise, ce n’est peut-être pas le mot. Je m’attendais à ce que ce soit difficile, ça a été extrêmement difficile. Heureusement, faire partie d’une équipe comme le SERT, avoir des coéquipiers comme les miens a beaucoup aidé. Surtout, accrocher la victoire dans ces deux courses, la première année, c’est phénoménal. Comme je le disais, elles sont extrêmement difficiles, il peut s’y passer beaucoup de choses. C’est la réalisation d’un rêve que la découverte de ces courses.

Most :une nouveauté pour la plupart des pilotes. Ouest-France
Au Bol d’Or, vous n’avez pas manqué d’éloge sur le SERT…
C’est l’une des meilleures équipes d’exploitation avec laquelle j’ai pu travailler. Il y a une rigueur de travail, mais aussi une ambiance qui est excellente. Il y a beaucoup d’ingrédients qui sont bons dans cette équipe. Déjà en sprint, c’est important, mais en Endurance, c’est d’autant plus important. Parce que ce sont des courses très éprouvantes. La préparation, l’atmosphère qui règne, c’est très important, pour éviter que des erreurs ne soient commises, que tout le monde reste focalisé. C’est une vraie grande équipe.

Sylvain Guintoli, vainqueur au Mans et au Bol d’Or, a réalisé d’excellents débuts en Endurance. Arnaud Despelchain
En MotoGP, en Superbike, en sprint, tu as bien sûr un esprit d’équipe. Tu as les mécaniciens, les mécanos, les ingés. Tu as cet esprit d’équipe. Mais en endurance, c’est d’autant plus fort parce que tu as cette longueur, cette difficulté. Il n’y a pas que le physique qui rentre en jeu, il y a aussi le mental. Et c’est ce qui fait qu’un lien se tisse avec l’équipe. C’est la nature des courses qui rend cette ambiance dans l’équipe différente. On sent que tout le monde va chercher très loin.
Cette première saison vous donne-t-elle envie de poursuivre en Endurance ?
L’idée, c’est de continuer. Cela s’est très bien passé cette année. C’est une belle aventure, et on veut persévérer.

Sylvain Guintoli, vainqueur au Mans et au Bol d’Or, a réalisé d’excellents débuts en Endurance. Arnaud Despelchain
L’expérience du MotoGP, du Superbike, cela vous a aidé dans votre approche de l’Endurance ?
Il y a beaucoup de choses différentes : les pneus, la moto. par contre, que ce soit sur le MotoGP, le Superbike… Il y a toujours des parallèles, des idées, des choses qui se retrouvent pour améliorer les performances, les sensations. En n’oubliant qu’une moto d’Endurance, c’est une Superbike avec des feux. Mais chaque expérience est importante. Une MotoGP, ça reste extrême, car très rapide, parce que les freins tous ces détails sont différents. Il reste un équilibre à essayer de retrouver, qui est similaire à n’importe quelle moto. Si une moto est bien équilibrée, elle est bien équilibrée. Et le MotoGP, qui est très exigeant, aide en cela.
Vous avez aussi impressionné, de par votre préparation physique. À quel rythme vous entraînez-vous ?
Au moins tu te fais jeune, au plus il faut s’entraîner (rires) ! Je m’entraîne régulièrement, à la maison, c’est un peu mon quotidien. Et puis il y a les roulages : Endurance, MotoGP. Je fais aussi un peu de mini-moto, à la maison. Mais je pratique pas mal le sport en général. Cela étant dit, il est vrai que les courses de 24 Heures, et même Estoril où il faisait très chaud, c’est physiquement difficile. On est vraiment rincé, il faut s’accrocher. Mais plus qu’une préparation physique, c’est une attitude. Il faut s’accrocher. Mentalement, c’est un vrai challenge.

Sylvain Guintoli, vainqueur au Mans et au Bol d’Or, a réalisé d’excellents débuts en Endurance. Arnaud Despelchain
Cela ne vous a pas fait peur, cette difficulté, au moment de vous lancer en Endurance ?
Je savais que ce serait difficile. Mais peut-être pas autant. C’était un challenge que je voulais me lancer. Étant Français, je voulais gagner Le Mans, le Bol d’Or. Cela faisait partie des épreuves mythiques que j’avais envie de faire et essayer de remporter ! Sur les courses de 24 Heures, ça a été top.
Mais, le travail intelligent, avec le SERT, avec Yosh, la complémentarité… Cela se retrouve toujours dans les résultats. On a eu de la chance, aussi, tout s’est bien emboîté. Et sur les courses de 24 Heures, c’était top.
Quels sont les pièges du circuit de Most ?
C’est un circuit très différent du Paul-Ricard. Cela ne peut pas être plus différent ! C’est un circuit très court, avec peu de lignes droites. À l’ancienne finalement. Cela me rappelle un peu les circuits en Angleterre. Il n’est pas facile à apprendre du tout. Très physique. Cela va être très physique, heureusement que ça ne va durer que 6 Heures, car l’on n’a pas trop le temps de souffler. Comme il est assez petit, surtout pour des Superbike, tu es tout le temps sur la moto. Tu ne peux pas la laisser faire ce qu’elle veut. Après, il ne va pas rester dans les grands circuits sur lesquels j’ai piloté (sourire).