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Malicorne-sur-Sarthe, royaume de la faïence et des métiers d’art... |
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Le Moulin de Malicorne © Philippe Chérel / Ouest-France
Célèbre pour ses faïenceries, Malicorne-sur-Sarthe accueille céramistes, tourneurs sur bois, peintres sur porcelaine dans ses jolies petites rues. Mais son histoire n’est pas uniquement faite d’argile et d’artisanat. Fondée il y a un millénaire, la cité était aussi un lieu stratégique de la défense du Maine, le long de la vallée de la Sarthe.
L’histoire de la paisible cité de Malicorne-sur-Sarthe, entre La Flèche et Sablé-sur-Sarthe, débute il y a plus de mille ans, dans un temps de conflits féodaux. En l’an mil, un individu hors du commun domine la Touraine, le fameux comte d’Anjou Foulque III Nerra, le Faucon noir, un des plus grands seigneurs féodaux de son époque. Il passe le plus clair de son temps à combattre ses voisins.
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Son redoutable sens de la stratégie l’amène vite à construire sur tous ses domaines forteresses et châteaux. D’autres suivent son exemple, dont le seigneur de Chaource qui fait édifier au début du XIIe siècle le château fortifié de Malicorne.
Surveiller la vallée de la Sarthe
Le but premier de sa construction est de surveiller la vallée de la Sarthe et la navigation sur le fleuve. La forteresse sert alors à protéger le territoire angevin. Durant la guerre de Cent ans, elle est occupée par les Anglais puis reprise par Ambroise de Loré, compagnon de Jeanne d’Arc.

Le château de Malicorne-sur-Sarthe a perdu sa condition médiévale de forteresse. Philippe Chérel / Archives Ouest-France
Pendant six siècles, le château se transmettra à plusieurs grandes familles : les Chaources jusqu’en 1609, les Beaumanoir de Lavardin jusqu’en 1703. En 1792, alors que les La Châtre en sont propriétaires, le château est mis aux enchères et racheté par Antoine de Choiseul Praslin qui le reconstruit. L’actuelle demeure voit le jour sur les ruines de l’ancienne bâtisse médiévale. Elle ouvre à présent chaque été ses portes aux visiteurs.
La faïencerie Bourg-Joly Malicorne
Mais le village, labellisé Ville et Métiers d’Art, doit sa renommée à un artisanat tout particulier, celui des faïences. Tout commence en 1747, quand Jean Loiseau, un faïencier originaire de Touraine, s’installe, établissant son atelier dans une ancienne auberge, Le Plat d’Étain.

À Malicorne-sur-Sarthe, la fabrication de faïence est encore bien vivante. Ici, Stéphane Deschang, dans son atelier des Faïenceries d’art de Malicorne. Archives Ouest-France
Terre riche en argile, abondance de bois pour alimenter les fours de cuisson et proximité du port de commerce sur la rivière, Malicorne offre tous les atouts pour l’implantation de sa manufacture qui deviendra au début du XXe siècle la « Faïencerie Bourg-Joly Malicorne ». Jean Loiseau engage quelques ouvriers originaires de la région et fait venir des peintres et des tourneurs.
L’essor des fabriques
À côté d’une production réservée à l’usage domestique, les fours de Jean Loiseau éditent rapidement des objets plus raffinés, notamment des décors qui s’inspirent des modèles classiques des faïenceries françaises de Nevers, Rouen ou Quimper. Le succès incite les artisans à s’établir dans la jolie ville sarthoise. Dès la fin du XVIIIe siècle, une nouvelle faïencerie est fondée à Malicorne par Guillaume Rabigot, ancien ouvrier de Jean Loiseau.

Le Musée de la faïence et de la céramique, à Malicorne-sur-Sarthe. Archives Ouest-France
En 1835 enfin, une troisième voit le jour dans l’ancien prieuré du village, tout au bord de la rivière. Ces diverses fabriques fournissent surtout leur clientèle en produits d’usages courants et quotidiens.
Une technique rare
C’est en 1924 pour qu’Émile Tessier invente la technique rare et délicate de l’ajourage qui deviendra la spécialité de Malicorne. Une fois tournée, la pièce d’argile crue est découpée à l’aide d’une lame pointue afin de créer de fines ouvertures rappelant le travail des dentellières. Une technique qui apporte légèreté et élégance aux assiettes, coupes et corbeilles à fruits et fait l’originalité des faïences qui naissent dans les ateliers de la ville.
Deux manufactures existent encore aujourd’hui : les Faïenceries d’Art de Malicorne et la Bourg Joly Malicorne. La cité possède aussi son musée de la faïence et de la céramique et accueille également céramistes, tourneurs sur bois, peintres sur porcelaine dont les ateliers sont à découvrir dans les rues du bourg.
Envie d’une balade ? Voici le chemin de Maussidée (11 km, 3 h)

Le circuit de la balade le long du chemin de la Maussidée, à Malicorne-sur-Sarthe. Ouest-France
Accès : Rejoignez Malicorne-sur-Sarthe à 40 km au sud-ouest du Mans. Garez-vous sur le parking du Moulin à couleurs.
Départ : Empruntez à droite la rue de Sévigné. Au rond-point, prenez en face vers Durtal et virez tout de suite à droite vers la Maussidé. Continuez sur la petite route puis le chemin carrossable, jusqu’au carrefour avec une route.
1. Prenez à gauche jusqu’au lieu-dit Balançon et tournez à gauche. À 150 m, au carrefour, virez encore à gauche, continuez tout droit jusqu’à la Fosse Robineau. À la patte d’oie, prenez en face vers le Verger. À 150 m, suivez le chemin en face. Vous retrouvez l’itinéraire aller, reprenez à droite jusqu’à Malicorne. Au carrefour (point D), prenez la voie sans issue en face vers le musée de la faïence. À l’église Saint-Sylvestre, prenez le sentier à gauche vers la Sarthe et longez la rivière jusqu’à rejoindre un chemin d’accès à la Sarthe.
2. Remontez ce chemin carrossable. À l’intersection, continuez à droite. Traversez la D23. À la rue, traversez à nouveau puis rejoignez la chapelle du Val du Chiloup sur la gauche. Reprenez la rue en sens inverse.
3. À la fourche, poursuivez à gauche, restez sur la gauche jusqu’au nouveau cimetière. Prenez le passage en face et à la rue, virez à droite. Au cimetière, traversez l’ancienne voie ferrée sur la droite et rejoignez la rue V.Hugo à gauche. Virez à droite et continuez tout droit jusqu’au parking.
Pratique
Se loger
Malicorn’Appart’Hôtel. Le confort de l’hôtel et la liberté de la location au cœur de la cité es potiers. 2, place de la République. Malicorne. Tél. 02 43 45 07 83.
Hôtel le Saint Aubin. Venez profiter d’un instant de calme et de détente. Chambres soignées, au décor chaleureux. Idéal pour un petit break. 2, rue Saint-Aubin. Chevillé. Tél. 02 43 92 25 49.
Se restaurer
La Petite auberge. Sous la tonnelle du patio, près de la rivière, à la belle saison, un restaurant gourmand et un cadre superbe. 5, place Duguesclin. Malicorne. Tél. 02 43 94 80 52.
L’Ardoise. Après une grande marche dans la campagne, savourez les délices d’un savoureux déjeûner. 7, rue Carnot, Malicorne. Tél. 02 43 94 53 56.
Article publié le 9 avril 2023 (Dimanche Ouest-France), mis à jour et réédité le mardi 11 avril 2023.