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Le Mans. Labosport garde le contrôle des terrains... |
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Labosport analyse l’évolution des gazons naturels. © Adèle Jamonneau
Après le marché de la Coupe du monde de rugby, celui des prochains Jeux olympiques. Pour Labosport, entreprise spécialisée dans le contrôle des sols sportifs, l’année 2024 sera bien remplie.
Quand Romain Taofifenua, 2,03 m pour 135 kg ou Uini Atonio et ses 147 kg déboulent sur le pré, la pelouse n’a qu’à bien se tenir. Pas d’escalopes au bout de dix mn ? Un petit miracle que l’on doit en partie à Labosport, garant du cycle de vie de cette surface naturelle.
C’est au Mans que se trouve le laboratoire leader mondial dans le contrôle des surfaces et des équipements sportifs. Dans son bureau du Technoparc, Pascal Marmey rappelle que la société a obtenu le contrôle des neuf terrains ayant accueilli les matchs de la dernière Coupe du monde de rugby. La mission ? Fournir des données pour que les aires de jeu demeurent au niveau des standards formulés par la fédération internationale de rubgy. Dans la vitrine de Labosport, des instances directrices nationales et internationales, FIFA, UEFA, basket, baseball, athlétisme, tennis…
Diagnostic
Propriété du groupe allemand Certania, Labosport est aussi très présent dans les départements. « Pour la France, près des trois quarts de notre activité se fait avec les collectivités. On ne vend pas de terrain, on ne construit pas. Notre travail, c’est de faire un diagnostic en amont pour que les normes exigées par les fédérations soient respectées. Nous proposons aussi des études sur les conditions de fin de vie », résume Pascal Marmey.
La majorité des interventions se déroulent sur des surfaces en extérieur, avec des techniciens spécialisés dans les matériaux, le drainage, les enrobés ou encore les conseils agronomiques. Pour la collectivité, mieux vaut ne pas rater la phase de conception et de planification d’un terrain de foot face à une fédération qui impose sept niveaux de classement. « Il y a environ 22 000 terrains de foot naturels en France. Pour les synthétiques, c’est 3 000 seulement, mais beaucoup de collectivités d’une certaine taille choisissent ce revêtement qui exige moins d’entretien. »
Les tests sont réalisés sur les sites mais aussi en laboratoire. Dans le bâtiment du Technoparc, on en fait voir de belles à un morceau de pelouse synthétique, testant sa résistance aux chocs, à l’arrachement ou encore à la décoloration via des machines à ultra-violet sans pitié. Labosport va plus loin et évalue les poteaux de but, les éclairages et même des technologies de jeu comme la ligne de but ou les systèmes de hors-jeu et d’assistance vidéo. Si le rebond d’une piste d’athlétisme n’est pas conforme, la certification est compromise. Une ingénierie du sport variable, bien sûr, en fonction du niveau de pratique attendu sur le sol sportif.
Labosport, 18 millions de chiffre d’affaires en 2023 à l’international, se prépare à une fructueuse année 2024. Les Jeux olympiques vont en effet booster l’activité de la société qui cherche des locaux plus vastes au sud de la métropole mancelle.