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Le Mans. Jean-Bernard Bouvet : « L’Endurance, un vrai débouché pour les jeunes pilotes »... |
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Le Mamertin Jean-Bernard Bouvet, directeur de la Filière Endurance. © Dominique Breugnot
Le patron de la Filière Endurance, Jean-Bernard Bouvet, explique les enjeux de la saison 2022 pour ses jeunes pilotes. Et trace les perspectives pour les années suivantes.
Entretien
Jean-Bernard Bouvet, pilote professionnel, champion de France de Formule Ford 1993, neuf participations aux 24 Heures du Mans. Instructeur de pilotage, créateur de la Filière Endurance.
En quoi consiste l’enseignement dispensé par la Filière ?
Nous proposons une préparation physique et mentale, avec notamment de la sophrologie, des cours d’anglais liés au sport auto, et nous travaillons la nutrition, la recherche de partenaires, la communication ou le montage de dossier de sponsoring. Sur l’aspect « circuit », nous abordons les techniques de pilotage et l’aérodynamique. Les courses sont préparées sur simulateur. Pour moi, c’est la panoplie de tout ce que doit connaître un pilote professionnel. Après, on vient vérifier sur les meetings s’ils appliquent bien ce qu’on leur apprend.
Combien de pilotes pouvez-vous accompagner ?
On pourrait aisément tenir à dix ou douze pilotes. Nous allons d’ailleurs commencer à travailler avec un huitième élève, Lucas Brizzi, un Manceau qui vient d’avoir 17 ans. Après leurs années de formation, les meilleurs pourraient rester avec nous en management. Un des axes de développement serait d’accueillir des pilotes étrangers. Avec Virage, qui est notre partenaire en LMP3, on envisage aussi de faire un programme en Ligier JSP4 qui permettrait à des jeunes qui ont moins de budget de débuter.
L’Endurance séduit les jeunes pilotes ?
Oui, de plus en plus. Je vais souvent sur les courses de karting pour nous faire connaître et recruter. La plupart ont encore dans leur tête que le proto, c’est pour ceux qui ont raté leur carrière en monoplace. Et certains disent que le GT c’est pour les vieux. Mais ça change. L’Endurance c’est un vrai débouché. Et l’arrivée des Hypercars, ça fait rêver.

Jean-Bernard Bouvet avec Mathis Poulet sur une des manches de l’Ultimate Cup 2021. Arthur Pineau – Drive Your Com
En ce début 2022, on assiste à l’émergence d’un très jeune pilote, l’Américain Joshua Pierson, qui vient juste de fêter des 16 ans. En juin, il deviendra le plus jeune pilote à prendre le départ des 24 Heures du Mans. Ça vous inspire quoi ?
Il y a eu l’exemple de Thomas Laurent qui a enchaîné très rapidement le titre de champion du monde karting, le LMP3 et Le Mans. Mais il n’avait pas 16 ans… Je ne connais pas le parcours de Pierson – il a dû commencer le kart très tôt et doit avoir de solides soutiens – mais ça montre que les très jeunes pilotes sont capables de faire des choses qu’on ne faisait pas avant. Et puis, avec United Autosports, il est dans une très bonne équipe. Le parcours de Lilou Wadoux illustre aussi le fait que les portes s’ouvrent plus facilement pour les jeunes. C’est positif, et ça montre qu’à la Filière, on est dans le vrai.