Accueil Sport JO 2026. « Un creux de génération » : pourquoi les Françaises sont si loin de jouer les premiers rôles en ski alpin ?

JO 2026. « Un creux de génération » : pourquoi les Françaises sont si loin de jouer les premiers rôles en ski alpin ?

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photo  romane miradoli est l’une des seules françaises à pouvoir aller chercher une médaille à ces jeux d’hiver 2026 en ski alpin.  ©  dppi via afp 1

Romane Miradoli est l’une des seules françaises à pouvoir aller chercher une médaille à ces Jeux d’hiver 2026 en ski alpin. © DPPI via AFP

À l’inverse du collectif masculin où les places valent de l’or au et la densité de talents est forte, le groupe féminin français en est plus dépourvu, du moins capables d’aller jouer les premiers rôles à court terme. Excepté Romane Miradoli, difficile d’imaginer une Tricolore se hisser sur un podium olympique en ski alpin, à l’occasion de ces Jeux olympiques d’hiver 2026. Mais alors, qu’est ce qui explique une telle absence de résultats chez les dames ?

Le lundi 26 janvier dernier, la sélection masculine du ski alpin tombe et avec elle, l’absence d’un homme étonne, Alexis Pinturault, non retenu. L’effet boule de neige est alors en marche, d’autres athlètes prennent la parole, comme Victor Muffat-Jeandet, non sélectionné, mais aussi le leader de ce collectif tricolore, Clément Noël, qui dénoncent tous deux l’absurdité de ces faibles quotas olympiques.

D’abord limitée à sept, une huitième place est ajoutée à cette sélection dans la journée, finalement attribuée à l’étoile montante Alban Elezi Cannaferina, mais ça reste peu au vu du vivier de talents que possède cette équipe de France masculine.

De l’autre bord, la décision a en revanche été plus évidente chez leurs homologues du sexe opposé. Chez les filles, on a décidé de faire confiance à celles qui avaient montré des choses en Coupe du monde cette saison, c’est-à-dire marqué des points. La sélection a été assez naturelle et facile à faire, les lignes de forces se sont dégagées rapidement, avoue à L’Équipe David Chastan, directeur du ski alpin féminin à la Fédération française. Huit noms et huit évidences donc pour le sélectionneur, qui est loin d’avoir l’embarras du choix. Cette équipe de France sera emmenée par : Romane Miradoli, Laura Gauché, Camille Cerutti, Clara Direz, Marion Chevrier, Marie Lamure, Caitlin McFarlane et Doriane Escané. Outre la première citée, spécialiste du Super-G et de la descente, vainqueur d’une manche de Coupe du monde, difficile d’imaginer l’une d’entre elles toucher le moindre métal durant ces Jeux olympiques d’hiver 2026.

« Souvent, les garçons sont plus aidés que les filles »

Cette faible densité de niveau chez les filles trouve son origine dès leur plus jeune âge. Le ski est un sport très cher. Pour beaucoup d’enfants, c’est un choix de la famille de commencer le ski, rappelle Florence Masnada, double médaillée en bronze aux JO de 1992 (en combiné) et 1998 (en descente). Mais vers 14-15 ans, vient le moment du choix pour pouvoir faire plus de compétitions. Et souvent, les garçons sont plus aidés que les filles.  Pour la Grenobloise toujours, en tant que femme, physiologiquement, on peut se casser plus facilement les genoux, notamment au niveau des ligaments croisés qui souffrent plus. Cela peut affoler aussi les jeunes athlètes. Et ça ne s’arrange pas malgré les progrès dans la préparation.

Mais ce problème n’est pas nouveau et ce gouffre entre les deux collectifs s’exprime particulièrement par un chiffre : sur les 12 médailles d’or du ski alpin français dans l’histoire des JO, seules 3 ont été remportées par une femme. Parmi elles, la dernière en date, celle de Carole Montillet (52 ans), couronnée en descente lors de l’édition de Salt Lake City, qui remonte à… 2002.

« Le ski alpin féminin est en perte de vitesse »

Cette dernière constate impuissante l’écart grandissant qui les sépare de l’équipe masculine. Il y a très peu de femmes qui ont un potentiel actuellement, car elles sont moins à pratiquer le ski alpin. La base est rétrécie, il y a le risque de blessures aussi, estime celle qui totalise huit victoires en Coupe du monde, dénonçant une situation qui s’est aggravée avec le temps. Au départ, quand je skiais, les organisateurs bloquaient à 140 les partantes, aujourd’hui si on en a 40 au départ, c’est déjà bien. Depuis une quinzaine d’années, le ski alpin féminin est en perte de vitesse. La seule chance de médaille c’est Romane Miradoli. Elle ferait une belle médaillée.

La Haut-Savoyarde fait office d’exception dans un creux de génération, juge Masnada. La faute aussi à des conditions inégales par rapport aux meilleurs. On voit aussi en Coupe du monde que les skieuses ont des cellules autour d’elles. Mikaela Shiffrin notamment a une cellule autour d’elle depuis longtemps.

Entre réalités physiques, accompagnement qui diffère entre femmes et hommes dès le plus jeune âge, mais aussi infrastructures inégales par rapport aux autres nations, les raisons du déclassement progressif du ski alpin féminin français sont nombreuses. Une médaille lors de ces Jeux viendrait changer la donne, tout du moins ajouter une petite ligne de plus à un palmarès encore peu fourni.

  • La sélection française en ski alpin pour les JO d’hiver 2026 : Romane Miradoli, Laura Gauché, Camille Cerutti, Clara Direz, Marion Chevrier, Marie Lamure, Caitlin McFarlane et Doriane Escané.
 
Vincent Le Bris    Ouest-France  

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