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Il était une fois les 24 Heures du Mans. En 1932, Alfa Romeo double mise... |
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L’Alfa Romeo de Chinetti et Sommer, dans l’Ouest-Éclair du 20 juin 1932. © Archives Ouest-France
La preuve par « 2 ». En 1932, Alfa Romeo remportait sa deuxième victoire consécutive au Mans, avec une future star : Luigi Chinetti.
Vingt-six voitures sont au départ des 24 Heures du Mans, en 1932. Après quatre ans de domination Bentley, Alfa Romeo a stoppé l’hémorragie en 1931. Quinze marques sont au départ et le grand favori est le constructeur italien avec sept autos dont quatre officielles. Face à elles, on trouve deux Bugatti ainsi qu’une Mercedes, une Stutz, une Talbot et une Bentley.
Du côté du circuit, ce dernier a été transformé, la pointe descendant vers la ville (quartier Sud) ayant été supprimée. Une route relie maintenant les Raineries au virage en « S » du Tertre Rouge ce qui réduit la longueur du tracé à 13,492 mètres. Ce tracé restera en vigueur jusqu’en 1955.
La course
Dès le premier tour, la Bentley disparaît après un spectaculaire accident. Sept autres autos vont suivre si bien qu’après 20 tours, on ne compte plus que 19 unités en piste. Très vite, les autres Alfa prennent la tête mais certains équipages confondent sprint et endurance si bien qu’à mi-course, 12 voitures ont disparu dont quatre Alfa, une Bugatti, la Stutz et la Mercedes.
Au petit matin, Henry Birkin, alors en tête, crève le réservoir de sa 8C et est remplacé par un autre équipage Alfa Romeo, le duo Cortese / Guidoni. Cependant, ces derniers ont des soucis d’embrayage et de circuit électrique.

L’Alfa Romeo 8C a gagné en 1931, 1932 (doublé) et 1933 (triplé). Archives Ouest-France
La voie est alors libre pour Raymond Sommer qui dispute là ses deuxièmes 24 Heures. Il l’emporte (218 tours soit 2 954,088 kilomètres à 123,084 km/h de moyenne) en roulant plus de 20 heures, relayé quelque temps par Luigi Chinetti, malade. L’Italien s’impose dès sa première participation et renouvellera l’exploit en 1934, toujours sur Alfa Romeo, puis offrira à Ferrari sa première victoire en 1949.

Luigi Chinetti fait partie des grands pilotes de l’histoire des 24 Heures du Mans. Archives
Alfa Romeo remporte la deuxième de ses quatre victoires consécutives, signe même un doublé devant la Talbot 105 et une autre Alfa, une 6C. Ferdinando Minoia s’empare, quant à lui, du record du tour en… 5’41, aussi sur Alfa.
À noter le bel exploit d’Odette Siko, qui termine quatrième en compagnie de Louis Chavarel, avec sa propre Alfa Romeo. Aujourd’hui encore, aucune femme n’a fait aussi bien ! Cette année, cinq femmes seront au départ de la 90e édition !