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Handball. Avec Talant Dujshebaev, les Bleus vont marcher droit !... |
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Nedim Remili et Julien Bos ont vite compris qu’en termes de fonctionnement et de tactique, les choses allaient changer avec Talant Dujshebaev. © Icon Sport
Première sortie pour l’équipe de France de handball masculine depuis la nomination de Talant Dujshebaev à la place de Guillaume Gille. Les coéquipiers de Ludovic Fabregas affrontent en amical l’Espagne ce jeudi 19 mars (20 h) au Mans. Les joueurs souhaitaient du changement, les voilà servis.
L’équipe de France, jusqu’ici sur les rails posés par Claude Onesta (parti en 2016), connaît un changement de voie. Avec Talant Dujshebaev, les Bleus vont filer droit.
En même temps, Ludovic Fabregas et ses coéquipiers l’ont voulu. Ils l’ont plébiscité lors d’une consultation aussi surprenante qu’incongrue de la part de la fédération. Ils ont également vite compris qu’ils allaient devoir marcher droit. Avec Talant Dujshebaev, ils seraient assurément tous rentrés au soir de leur dîner en commun après leur victoire contre le Portugal lors de l’Euro de janvier. Il n’y aura pas eu de gueule de bois au petit-déjeuner et l’entraînement qui a précédé le fiasco contre l’Espagne n’aurait pas été abrégé.
Le célèbre agent, Bhakti Ong, qui s’occupe des intérêts d’Alex, l’un des deux fils du nouveau sélectionneur de l’équipe de France, aime à rappeler qu’avant d’être naturalisé espagnol, le natif du Kirghizistan fut citoyen et international soviétique puis champion olympique sous la tunique de la CEI. Il vient d’une culture communiste, c’est un mec du système, gentil, charmant en dehors du terrain mais intense, engagé, incandescent sur le 40x20. Il aime ses joueurs passionnément mais comme un papa exigeant. Quand il te dit, on va aller à la guerre et leur marcher dessus, tu sais qu’il sera en première ligne. Il a cette faculté d’emmener les autres avec lui, parfois, c’est vrai, avec des excès qui lui ont valu par le passé quelques suspensions.
« Il nous a dit qu’il fallait adhérer »
À 57 ans, le nouveau sélectionneur des Bleus n’a plus rien à prouver. Sa réputation le précède. Ceux qui n’ont pas évolué sous ses ordres ont joué contre lui ou été mis à la page par leurs coéquipiers. Il va nous apporter sa rigueur, son sens tactique et puis fini les ego
, se félicite l’un des appelés. Il ne nous a pas demandé d’adhérer, il nous a dit qu’il fallait adhérer,
confiait Nedim Remili à l’issue de la première séance d’entraînement. Et il a raison, on est les rameurs et lui, c’est le capitaine du bateau. Le tempérament, les idées tactiques, la façon de travailler, le changement est drastique !
Propos corroborés par ce familier des Bleus. Ça ne va pas être comme à l’époque de Gino (Guillaume Gille) où l’on mettait tout à plat sur la table et chacun donnait son avis. Là, c’est lui qui fixe le cadre tactique et mieux vaut que tu rentres dedans, prévient-il . Ça ne l’empêche pas d’échanger pour savoir si on est à l’aise, s’il y a des aménagements à opérer sauf qu’il n’y a qu’un seul chef, c’est lui !
Le nouveau locataire de la Maison du handball est persuadé d’être assis sur un amas de richesses. Diriger l’équipe de France, c’est un rêve, et aussi une responsabilité, avouait en début de semaine Talant Dujshebaev. J’ai maintenant la possibilité de me battre pour la médaille d’or. On ne peut pas comparer avec la Hongrie ou la Pologne (qu’il a dirigées), ce serait comme comparer une Ferrari avec une Fiat Uno !