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Handball de plage. L’équipe de France féminine refuse à son tour de porter le bikini... |
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Au beach handball féminin, les joueuses ont l’obligation de porter une brassière et un bikini. Cette règle est de plus en plus discutée par les joueuses. © Marcus Cyron
Après la Norvège, c’est la France qui manifeste son désaccord avec la réglementation concernant les tenues des joueuses, qui fait beaucoup parler depuis plusieurs jours.
Après la Norvège, c’est au tour de l’équipe de France féminine de handball de plage d’exprimer son désaccord concernant la tenue des joueuses. Dans un courrier adressé à la Fédération française, d’après les informations de L’Equipe, les Françaises ont fait part de leur souhait de choisir une autre tenue, et de leur désaccord avec d’éventuelles sanctions encourues dans le cas où elles prendraient cette décision.
Au handball de plage, en effet, les joueuses doivent obligatoirement porter une brassière et un bikini, tandis que les garçons sont autorisés à jouer avec un short qui arrive aux genoux et un débardeur.
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La FFH a répondu aux joueuses dans un communiqué cité par le quotidien sportif, dans lequel elle explique partager ce « désaccord de fond sur l’obligation du port d’une tenue unique de beach handball et des sanctions portées en ce sens, et continuera d’œuvrer réglementairement auprès de l’IHF et de l’EHF (les fédérations mondiales et européennes de handball, ndlr) pour modifier ces règlements dans le sens d’un plus grand respect du libre arbitre des athlètes ».
« Faire la potiche ne m’intéresse pas trop, les joueuses non plus »
Dans un entretien accordé au Parisien, Valérie Nicolas a fait part de son soutien envers ses joueuses, et détaillé les motivations de cette remise en cause.
« Au beach-volley, il y a la réception et le service mais au beach handball, on tourne, on saute et les gardiennes de buts écartent les jambes. Tu ne te sens pas forcément à l’aise dans un bikini, tu te sens un peu nue, explique l’entraîneure de l’équipe de France de handball de plage. Quand tu as tes règles, il faut que tu aies un tampon donc tu n’as pas le choix de ta protection et pour peu qu’un fil dépasse, tu es toujours en train de flipper. Pour certaines joueuses, c’est un complexe et je comprends qu’elles ne veuillent pas jouer par rapport à ça. »
Visiblement, de nombreux acteurs impliqués dans les équipes nationales, comme le Danemark, la Suède ou l’Espagne partagent ce point de vue. Mais la décision finale ne revient pas aux fédérations nationale ou européenne, c’est la fédération internationale qui semble détenir le pouvoir décisionnel. Elle avait d’ailleurs déjà rejeté une motion présentée par la Norvège pour modifier la règle, qui avait été approuvée par la fédération européenne.
« Ils veulent que les physiques soient mis en avant et c’est dommage, ajoute Valérie Nicolas. Faire la potiche ne m’intéresse pas trop, les joueuses non plus. On n’est pas là pour ça et c’est un sport spectaculaire. Pour le beach handball, on veut que l’intérêt soit porté sur le sportif, pas sur le bikini.»
Un mouvement lancé par la Norvège
Quelques jours auparavant, l’équipe de Norvège avait lancé le débat en refusant de porter le bikini « réglementaire », se présentant en short lors d’une rencontre face à l’Espagne au championnat d’Europe de handball de plage.
Pour ce geste, elles s’étaient exposées à une amende de 1 500 € infligée par la Fédération européenne de handball, que la chanteuse P ! nk s’était d’ailleurs engagée à payer pour les soutenir.