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ENTRETIEN. « Je préfère le cross aux JO que le 10 000 m » : le champion d’Europe 2023, Yann Schrub, de retour à Allonnes... |
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En 2023, Yann Schrub avait livré un beau duel à l’Ougandais Samuel Kibet. © Archives DOMINIQUE BREUGNOT PHOTOGRAPHER
Cross AS Hommes. De retour dans les labours, ce dimanche 23 novembre à Allonnes, après sa neuvième place aux championnats du monde sur 5 000 m, le Mosellan Yann Schrub, champion d’Europe 2023, veut y faire le point sur sa préparation, avant de se projeter avec ambition sur les championnats du monde de cross.
Vous revenez à Allonnes pour la quatrième fois. À chaque fois, vous avez réalisé un top 10 et même une deuxième place en 2023. Êtes-vous dans la même forme cette année ?
C’est la question ! Car j’ai repris il y a un mois, en augmentant progressivement le volume et j’ai fait une seule séance où j’ai été vite. Ça sera un premier test dans ma séance, face à des hommes en grosse forme comme Hugo (Hay) et Fabien (Palcau). Il n’y a pas de bluff possible, ils seront devant.
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Pourquoi aimez-vous tant revenir ici ?
Mis à part que c’est le cross de sélection pour les championnats d’Europe, ce que j’aime à Allonnes, c’est qu’on se retrouve entre potes. C’est la toute première course de l’année, c’est un moment agréable. Je suis très content d’y aller à chaque fois. On se retrouve avec tous les amis de l’équipe de France, on mange ensemble, on fait le footing de veille de course ensemble, etc. En plus, cette année, il y aura les relais, donc encore plus agréable de faire le footing. C’est ce côté familial que j’aime bien.
« Le cross, c’est un combat d’homme à homme, pas de superflu »
C’est aussi l’occasion de vous jauger, n’est-ce pas ?
Les meilleurs Français du moment sont là . D’ailleurs, on y va rarement quand on n’est pas en forme, sinon on le paie cash ! Cette année, j’y vais pour voir où en est ma forme et pour me préparer pour les championnats du monde en janvier (le 10, en Floride). D’autant plus sur un vrai parcours de cross, c’est intéressant. En cross, on pose le chrono. C’est un combat d’homme à homme, il n’y a pas de superflu. On travaille notre instinct et il y a plus de spectacle.
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Le cross, c’est vraiment votre amour de jeunesse, on dirait…
Oui, s’il n’y avait pas eu les cross, je ne serai pas là où je suis aujourd’hui et je n’aurais peut-être pas fait cette carrière. Malheureusement, il n’y en a plus beaucoup et ils sont peu valorisés. J’aimerais que si on fait quelque chose de grand aux championnats du monde, le cross revienne aux avant-postes en France, que les gens regardent un peu plus… Et la Fédération aussi. Car il n’y a plus trop de considération et j’ai envie que ça revienne au goût du jour.
Et qu’il soit un olympique ?
Je l’espère ! Et d’ailleurs, je préfère le cross aux Jeux Olympiques que le 10 000 m. Cela pourrait être diffusé comme le cyclo-cross. Vous avez vu ce que cela donne sur les courses en Belgique ? On doit relancer la dynamique TV, le business model de la discipline. Parce qu’un cross d’Allonnes avec encore plus de financements, cela pourrait être incroyable, en vrai !