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ENTRETIEN. Handisport dans le Finistère : « Il y a une prise de conscience »... |
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Ce fauteuil roulant Hippocampe a été imaginé par l’entreprise Vipamat, dans le Morbihan. Ici à Logonna-Daoulas, en octobre 2020. © Archives Ouest France
De plus en plus de sports sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. La loi de 2005 sur l’accessibilité des lieux publics y est pour beaucoup, mais Serge Larhant, président du comité départemental handisport Finistère, observe aussi une « prise de conscience ». Voici le quatrième volet de notre dossier consacré à la pratique handisport dans le Finistère.
L’accessibilité aux activités sportives pour les personnes à mobilité réduite s’améliore en Finistère. C’est le constat du comité départemental handisport, qui compte entre 400 et 500 licenciés. Grâce à la loi de 2005 sur l’accessibilité des lieux publics, mais pas uniquement. Entretien avec Serge Larhant, président du comité départemental handisport.
En Finistère, les infrastructures sont-elles toutes aux normes ?
Il y a encore des vieux équipements mais la loi a obligé les pouvoirs publics. Il y a aussi eu une prise de conscience. Dans le quartier Kerfeunteun, à Quimper, la salle de l’UGSEL a été rendue accessible il y a deux ans, alors que c’est un lieu privé. À la piscine de Quimper, à Penhars, un ascenseur a été installé pour accéder à la salle d’escrime, c’était il y a déjà dix ans.
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Serge Larhant est président du comité départemental handisport Finistère. Archives Ouest France
Reste-t-il une marge de progression ?
Quelques-unes. Pour savoir ce qui ne va pas, il faut qu’on aille sur place puis qu’on alerte. C’est en y allant que l’on sait.
Sur les voies vertes, les chicanes qui empêchent les véhicules de passer sont parfois trop serrées pour les fauteuils. Dans ce cas, on interpelle les communes pour qu’elles les espacent davantage.
On a aussi constaté un problème sur le parking de Pors Carn, à la Torche, pour aller à la plage. Il y a peu de places handicapées et beaucoup de nids-de-poule. On essaie actuellement de voir ça aussi. Globalement, on a peu de mauvais retours, les délais sont juste parfois un peu longs.
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Certains sports sont-ils plus accessibles qu’auparavant ?
Oui, les sports traditionnels perdurent mais les sports nature se développent. Pour permettre aux sportifs d’aller sur la plage et faire du body surf, on a acheté deux fauteuils Hippocampes. On a aussi adapté des planches, en ajoutant des cales, par exemple. On a fait ça nous-mêmes. Le but est de rendre la pratique plus accessible, et ça marche. Pour la première fois cette année, on a ouvert un cycle bi-mensuel avec huit participants. Avant, on n’avait pas assez de matériel et moins de demandes, c’est en pleine émergence.
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Il y a la randonnée aussi ?
Tout à fait, la randonnée en fauteuil tout terrain ! Depuis trois ans, nous avons acheté deux Quadrix à 12 000 € chacun. Il s’agit de fauteuils tout terrain. Les cycles de balade qu’on propose sont pleins. On propose aussi des initiations.
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Voici une cartographie non exhaustive des activités handisports répertoriées par le Comité départemental du Finistère.
Certains sports resteront-ils inaccessibles ?
Oui, la lutte gréco-romaine par exemple. Mais on peut faire beaucoup. Entre 400 et 500 personnes sont licenciées dans le Finistère, dont 80 en natation, qui reste le handisport le plus pratiqué. Juste derrière, arrivent le basket, la sarbacane et le tennis de table. Le handball n’a pratiquement jamais été adapté mais ce n’est pas impossible. Il y a aussi le rugby fauteuil, peu développé ici mais pratiqué en Pays de la Loire.