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Cyclisme. Nicolas Edet : « On m’a posé deux plaques, j’ai 16 vis dans le bras »... |
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Nicolas Edet reprend doucement ses marques après son abandon sur le dernier Tour d’Italie. © Mathilde L’Azou / Cofidis
Le cycliste sarthois Nicolas Edet a traversé une période de doute après sa double fracture déplacée à l’humérus du bras gauche fin mai 2021, la plus grosse blessure de sa carrière. Depuis peu, il est de retour sur le vélo avec l’espoir de revenir à la compétition courant octobre.
« Le Maine Libre » : Après votre chute lors de la 14e étape du Tour d’Italie (le 22 mai 2021), vous avez dû attendre le 1er juin pour être opéré en France. Pourquoi cette attente ?
« Le médecin pensait d’abord que c’était une fracture assez simple à traiter après la radio réalisée en Italie. Finalement, tout s’est complexifié car les nouveaux examens ont décelé une double fracture déplacée à l’humérus du bras gauche. Grosso modo, l’os était en trois bouts distincts. Pourquoi ce changement de diagnostic ? On ne sait pas trop. Est-ce que l’appareillage posé en Italie pour maintenir mon bras avant d’être rapatrié sur le sol français a entraîné une plus grosse fracture ? Je n’ai pas de réponse. En tout cas, il a fallu repousser l’opération car ce n’était plus la même chanson avec cette nouvelle évaluation. Deux chirurgiens devaient être présents, avec un matériel adéquat à attendre, en temps de Covid-19 qui plus est… »
Est-ce la plus grosse blessure de votre carrière (11e année dans le peloton professionnel) ?
« Oui, il n’y a pas photo. On m’a posé deux plaques, j’ai 16 vis dans le bras. C’était une lourde opération qui a duré environ 3 heures. »
« On m’a ouvert pratiquement toute la longueur de l’humérus »
Et niveau douleur ?
« Avant l’opération, évidemment ce n’était pas agréable surtout avec l’appareillage que j’ai dû garder plusieurs jours, mais j’ai surtout souffert après l’intervention chirurgicale. J’ai passé 2-3 jours où j’ai eu très très mal. On m’a ouvert pratiquement toute la longueur de l’humérus, de l’épaule jusqu’au coude. J’ai senti qu’on m’avait bien charcuté mais il n’y avait pas le choix. »
À ce moment-là, le médecin vous donne quelle date pour le retour à la compétition ?
« Dans l’état, c’était clairement saison terminée, rendez-vous en 2022. Maintenant, je récupère assez bien. J’ai des séances de kiné 3 à 4 fois par semaine. C’est le temps de consolidation qui est long. Début août, j’ai fait une radio : une fracture est bien fixée, l’autre (la plus importante) est en cours. Il faut attendre 3 mois au minimum pour que la fracture soit solide à 100 %. Donc début septembre, une nouvelle étape devrait être franchie. »
Malgré ça, vous êtes déjà sur le chemin de l’entraînement.
« À partir de la seconde moitié de juillet, lorsque j’ai retrouvé une légère extension du coude gauche, j’ai repris des petites séances d’home-trainer en ayant un seul bras posé sur le guidon. Ça me permettait de m’occuper une heure en regardant le Tour de France (sourire) et de réactiver le corps. Depuis une dizaine de jours, j’ai repris sur la route avec le feu vert du chirurgien. Mais j’y vais tranquillement pour éviter la chute. Je peux dorénavant forcer un peu sur le bras même s’il reste douloureux. C’est encore juste même si j’arrive à me mettre en danseuse. Le plus gros boulot est désormais à faire au niveau de l’épaule car je devais aussi avoir une luxation à cet endroit lors de ma chute sur le Giro. Je ne suis pas un bodybuilder (rires), mais j’ai perdu du muscle donc le défi est de retrouver de la force, surtout que je suis gaucher donc je sens cette perte de puissance. »
Vous espérez quand même disputer quelques courses en fin de saison ?
« Je veux surtout être d’attaque la saison prochaine. Après, il se peut que je puisse courir en octobre. Tout va dépendre de la radio que je passe début septembre. L’équipe (Cofidis) m’a déjà prévu sur des épreuves en fin de saison dans le calendrier prévisionnel. Sur des Coupes de France comme la Route Adélie de Vitré (le 1er octobre) ou encore la Classique Loire-Atlantique (le 2 octobre). Même si je ne m’attends pas à avoir un niveau exceptionnel, ça pourrait me permettre de gravir une marche importante en retrouvant le peloton avant l’an prochain. Ça ferait aussi du bien au mental. Mais à l’heure actuelle, ça reste incertain de revenir fin 2021. »
Comment traversez-vous cette période d’inactivité ?
« Ce n’est pas évident. Je me suis posé beaucoup de questions. En plus, le fait d’être en fin de contrat joue sur le moral. La situation est donc plus difficile à vivre car plus stressante. »
D’ailleurs, où en sont les discussions avec Cofidis (Nicolas Edet a connu, à 33 ans, une seule formation dans sa carrière pro) ?
« Elles se poursuivent. Je ne peux encore rien dire, mais mon avenir devrait être décidé la semaine prochaine… »